Interview Capture d’écran 2014-07-28 à 16.08.28

Published on juillet 30th, 2014 | by Victorien

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Marcel Dettmann, l’artiste par les mots

(INTERVIEW EN VERSIONS FRANÇAISE, ALLEMANDE ET ANGLAISE)

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Rencontrer Marcel Dettmann, c’est découvrir un homme calme, serein et plein d’humilité, un homme passionné. Après chaque question posée, Marcel Dettmann prend le temps de réfléchir, et ses réponses sont aussi structurées que ses DJ sets. Comme on ne dilapide pas une track, on ne gaspille pas non plus un mot. Derrière son regard gris bleu, il pèse chacun de ses mots, il prend le temps de les choisir. Et surtout, il vous raconte une histoire, s’assurant toujours que vous comprenez où il vous emmène. Plus qu’un DJ reconnu dans le monde entier, bien plus que le visage d’Ostgut Ton et de son club, le Berghain, Marcel Dettmann est avant tout un artiste. Cette sensibilité-là, commune aux hommes qui créent (musiciens, écrivains, réalisateurs, peintres… qu’importe), il la cultive en produisant bien plus qu’une musique de club. L’actualité, justement, en fait état : « Masse« , le projet d’Ostgut Ton avec le Ballet de Berlin ; ou « Seduction« , le court-métrage réalisé par Parker Ellerman.

Quelques minutes avant son passage au Cabaret Sauvage pour la soirée Mercredi Production, c’est donc avec « l’artiste » Marcel Dettmann que nous avons discuté. Le DJ, lui, parlait après, au petit matin, derrière ses platines.

Propos recueillis par Piotr & Louis / Photos de Jean Adrian

Capture d’écran 2014-07-28 à 16.12.48

Travail terminé pour Levon Vincent, qui laisse sa place à Marcel Dettmann sur la scène du Cabaret Sauvage

 

– VERSION FRANÇAISE –

Seduction était sur ton précédent album Dettmann II, et elle se démarquait particulièrement des autres productions. Aujourd’hui, tu viens de sortir un nouvel EP avec une série de remixes et une version plus longue. Était-ce prévu à l’origine ?

C’est intéressant que tu poses cette question, parce qu’à sa sortie, Seduction avait déjà été sortie du lot, jugée différente des autres productions. La track en elle-même est pourtant plus vieille que les autres, et c’est une des tracks qui représentent la trame de l’album, son squelette. Ayant terminé ce titre, j’ai produit d’autres titres en studio, qui sont tous très différents. Pour moi, Seduction était une des tracks principales. Emika a ensuite posé sa voix sur la track. C’est ce qui manquait au son initial.

En ce qui concerne le film : un très vieil ami, Parker Ellerman, réalise des court-métrages très intéressants, et il m’avait demandé à plusieurs reprises si je voulais bien produire de la musique pour ses court-métrages. Ça n’avait pas donné de résultat et c’est pour ça qu’on a fait les choses différemment : il a entendu Seduction sur mon album et m’a dit : « ça c’est génial, j’ai envie d’en faire en film. » Le film, dans son ensemble, est pour ainsi dire sa visualisation de la track. Et puis à un moment, j’ai pensé que ce serait amusant de faire des remixes de Seduction. Évidemment, j’ai demandé à mes amis Ryan (Elliott) et Anthony (Parasole). Et avec Shed on a fait le « Deuce Mix » pour compléter tout ça et produire un son classique de techno allemande, à côté des sons plus House.

Il y a beaucoup de références dans ce film, notamment au cinéma de Fritz Lang, mais aussi certains partis pris (filmer dans Berlin Ouest par exemple). De quelle manière as-tu participé à la conception de cette œuvre visuelle ?

J’ai participé au film dans la seule mesure où Parker me racontait ce qu’il était en train de faire au jour le jour. Je lui ai laissé une totale liberté dans la réalisation du court-métrage. Pour moi, le film convient parfaitement comme il est. Bien sûr, ce n’est pas une nouvelle manière de réaliser un film. En effet, il est tourné dans le style des années 20-30, avec ces décors, tout en noir et blanc. Je trouve ça aussi génial la manière dont Parker travaille avec des ruptures : par exemple ces silhouettes masquées qui dansent sur le toit, et le spectateur ne sait pas vraiment ce que cela fait là, quel rapport existe-t-il avec le reste de l’histoire. Les masques sont inspirés de modèles originels fabriqués par une artiste de Berlin Ouest dans les années 20. L’imitation de Parker est superbe. Et puis le film dans son ensemble, l’histoire de cette femme déséquilibrée… j’étais comblé avec ce court-métrage.

En mai 2013 avait lieu la première représentation du projet « Masse ». Dans quelques semaines, le coffret édition limité sortira. Est-ce là simplement un projet parmi d’autres que l’on vous a proposé, ou plutôt l’expression de ta volonté et celle d’Ostgut Ton de jouer un rôle plus vaste dans l’art et la création ?

C’est exactement ça. Je veux proposer autre chose que ce qu’on fait en club. Mais pas de mauvaise interprétation : je suis à 100% DJ ! Faire de la musique, c’est mon passe-temps, c’est ce qui me passionne et me donne une force incroyable. Passer du temps en studio à produire des sons ou des remixes, j’aime ça comme un petit enfant s’amuse avec son joujou.

Pour le projet Masse, j’ai travaillé avec Frank Wiedemann de Âme. On se connaît depuis une éternité mais on n’avait jamais travaillé ensemble. Personne ne s’y attendait et ça a été très passionnant et amusant. La représentation avec la chorégraphie du Staatsballett (maison de la danse), c’était une bombe ! Lors de la première représentation j’étais très nerveux et je n’ai pas réussi à me détendre. Ce n’est qu’à la seconde que je me suis détendu et que j’ai vraiment profité du spectacle.

Auparavant, j’avais aussi mis en musique une galerie pour la photographe Friederike von Rauch, très célèbre en Allemagne. Les visiteurs de la galerie ont perçu la musique de fond avec beaucoup de subtilité. Ça aussi c’était un exercice passionnant, quelque chose de différent. Mais je le répète : je suis avant tout DJ.

Autre sujet : on a remarqué que tu utilisais ton nom dans les titres que tu donnes à tes albums (Dettmann I, Dettmann II), en plus du nom de ton label, (MDR Records). Alors, narcissique Marcel Dettmann (il rit) ? Plus sérieusement : vois-tu ton travail, non pas comme une narration musicale mais plutôt comme l’expression sonore de ta personne ?

Je produis la totalité de la musique de mes albums, et je me donne un mal fou pour leur trouver un nom quelconque. Mais pour moi, ça a toujours été clair : La musique est musique comme une voiture est une voiture. Ma musique, c’est la musique de Marcel Dettmann. Tout simplement. Quand je fais un album, je l’appelle donc Dettmann, et le second Dettmann II. Si un jour je dois réaliser un album conceptualisé, alors peut-être l’appellerais-je « Volcan », ou « Machine »… J’aurais même pu appeler mon album « Dettmann Avril 2013 » (il rit) !

Mon label s’appelle « Marcel Dettmann Records » parce que je choisis la musique : je suis à 100% derrière les tracks de mon label, et je les trouve toutes formidables. Mon objectif n’est pas de gérer un marché, mais bien de me permettre de produire quelque chose de grand. Quand je reçois la démo d’un artiste que j’aime ou que je connais, si j’ai envie de publier sa musique, alors je laisse tout ça mûrir dans ma tête. Et à la fin, c’est mon propre choix. Tout simplement.

Autre actualité de ce début d’été : tu as été appelé pour t’occuper du Fabric 77. Que cherches-tu à recréer quand tu fais une compilation ?

C’est toujours génial pour un DJ de compiler un tel CD, que ce soit une compilation, un mix ou un maxi… on passe toujours un super moment. La Fabric, c’est un club réputé en Angleterre, et c’est pour moi un honneur de leur livrer cette compilation. Je me suis beaucoup demandé dans quelle direction aller. Faire par exemple un DJ set classique, une compilation club… Et puis j’ai pensé : OK, j’ai reçu plein de super démos, alors je vais les réécouter au calme. Ensuite, j’ai dressé une liste avec celles que je voyais bien dans mon mix. C’est dur quand tu n’as qu’1h15 pour reproduire une atmosphère. Mais j’estime avoir plutôt réussi le travail. Il y a douze tracks de mon label, trois sont des propres remixes ou des remixes de mes productions. Et puis il y a également le dernier Robert Hood. Un Français aussi, Francois X, dont je suis un grand fan. Un type formidable, et un très bon DJ.

Plus que du DJ, avec « Masse » et « Seduction », on a parlé du Dettmann compositeur. Aujourd’hui, à l’image d’un Jeff Mills ou d’un Moritz Von Oswald, serais-tu prêt à freiner tes tournées pour te consacrer à la composition et mettre ta musique au service d’autres formes d’arts ?

Oui. Sans aucune hésitation. Si un projet me motive, si j’ai une grosse envie, je n’hésiterai pas. Je me le permets quand je me repose. Par exemple ce weekend, je joue deux fois seulement. Aujourd’hui au Cabaret Sauvage et dans quelques heures à Freiburg. Ensuite, je rentre à la maison. J’imagine très bien me consacrer à d’autres projets artistiques qui me demandent du travail et du temps.

Dans tes derniers sets, notamment au Weather Festival et au Pollerwiesen, on a remarqué une super track. Elle est introuvable, et on est beaucoup à se demander ce que c’est. On l’écoute et tu nous dis ?

Je crois que c’est de celle-là dont tu parles : Roots Panorama – Mars – Character (Deetron Version)
(ndlr : release prévue sur le nouveau label de Deetron début septembre)

Une petite question bonus : quel est ton joueur préféré dans l’équipe national allemande championne du monde ?

Manuel Neuer, le gardien. Parce que humainement, c’est un type super, et il a vraiment bien tenu son rang. Et la finale, je l’ai vue à Ibiza ! (il rit)

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– DEUTSCHE ÜBERSETZUNG –

Der Track « Seduction » war schon auf deinem letzten Album « Dettmann II » zu hören und unterscheidet sich sehr von den anderen Tracks auf diesem Album. Nun erscheint eine neue EP von dir mit Remixen und einer längeren Version von diesem Track. War das auch ursprünglich schon so geplant gewesen?

Marcel Dettmann: Es ist interessant, dass du das fragst, weil dieser Track schon damals als etwas besonderes aus dem Album herausgeragt hat. Der Track an sich war schon ein bisschen älter und auch einer der Tracks, die das Grundgerüst des Album darstellen. Ausgehend von diesem Track habe ich im Studio noch weitere Tracks produziert, die natürlich alle unterschiedlich sind. « Seduction » war aber einer der Haupttracks für mich. Emika hat noch ihre Vocals darüber gesungen und das war genau der Teil, der an diesem Track noch gefehlt hatte.

Was den Film dazu angeht: Ein alter Freund von mir, Parker Ellerman, macht sehr interessante Kurzfilme und hatte mich schon öfter mal gefragt, ob ich Lust hätte, die Musik für seine Kurzfilme zu produzieren. Das hatte sich nie ergeben und deswegen haben wir es einfach anders herum gemacht: Er hat diesen Track auf meinem Album gehört und gesagt : « Das ist so toll, da habe ich Bock, einen Film ‘zu zu machen ». Der ganze Film ist quasi seine Visualisierung des Tracks.

Irgendwann habe ich gesagt, dass es klasse wäre, auch noch Remixe von dem Track zu machen. Ich habe natürlich meine Kumpels gefragt, also Ryan, Anthony. Mit Shed haben wir noch den « Deuce Mix » gemacht, um das ganze ein bisschen abzurunden, also neben den House-lastigen Sachen noch eine klassische deutsche Techno-Version zu machen.

Noch mal zu dem Clip von « Seduction », den dein alter Freund, der Regisseur Parker Ellerman gemacht hat. Im Mai ist er erschienen, als Kurzfilm. Das ist ja unüblich für einen Techno DJ. Es gibt viele Anspielungen, vor allem auf Fritz Langs Filme, und der Film wurde auch in Berlin gedreht… In wie weit hast du am Projekt teilgenommen ?

Ich habe an dem Filmprojekt eigentlich nur derart teilgenommen, als er mir davon erzählt hat, was er gerade macht. Ich habe ihm aber da volle Freiheiten gelassen. Für mich passt der Film, wie er ist, einfach – wie man so schön auf deutsch sagt – wie die Faust aufs Auge oder wie der Deckel auf den Topf. Es ist natürlich keine neue Art, einen Film zu machen, denn der Film ist im Stil der zwanziger, dreißiger Jahre gehalten. Die Kulissen, alles in schwarz-weiß. Ich finde es toll, wie er mit Brüchen arbeitet: zum Beispiel die maskierten Figuren, die auf dem Dach tanzen, und der Zuschauer weiß nicht so richtig, was das jetzt soll, in welchem Zusammenhang das jetzt steht. Die Masken sind Originalmasken einer Berliner Künstlerin aus den 1920er Jahren nachempfunden. Solche Sachen hat er gemacht und ich find es super. Auch insgesamt die ganze Story über diese Frau, die anscheinend psychische Probleme hat. Ich bin sehr zufrieden mit dem Film.

Im Mai 2013 fand die erste Vorstellung von « Masse » in Zusammenarbeit mit dem Staatsballett Berlin statt. In ein paar Wochen wird die Limited Edition Box davon erscheinen. Ist das der Beweis für deinen Willen, mit deinem Label « Ostgut Ton » etwas Neuartiges zu schaffen und mit « Masse » und « Seduction » viel mehr als nur Musik zu machen?

Richtig, genau darum geht es mir. Ich will auch mal rauskommen aus dem Clubs. Versteh mich nicht falsch: Ich bin ein 100%iger DJ! Musik machen ist für mich ein Hobby, das mir wahnsinnig viel Spaß macht und das mir viel Power gibt. Ich liebe es wie ein kleines Kind, das mit seinem Spielzeug spielt, wenn ich im Studio sitze und Tracks oder Remixe produziere, wenn das Material gut ist. Bei diesem Projekt habe ich mit Frank Wiedemann von Âme gearbeitet. Wir kennen uns schon ewig, hatten aber noch nie zusammen gearbeitet. Keiner von uns hatte es so erwartet, es war total interessant und lustig. Die Aufführung mit der Choreographie des Staatsballetts war bombastisch. Das erste Mal, als ich drinnen saß, konnte ich mich gar nicht richtig entspannen und gar nicht so dem ganzen hingeben. Bei der zweiten Aufführung war ich dann entspannt und habe es genossen.

Ich habe auch schon mal eine Galerie vertont, für Friederike von Rauch, eine bekannte Fotografin aus Deutschland. Besucher der Galerie nehmen die Musik im Hintergrund recht subtil wahr. Auch das war spannend, mal was anderes. Was die Leute auch nicht so von mir erwarten. Aber in erster Linie bin ich wie gesagt DJ.

Anderes Thema : ich habe bemerkt, dass du deine Alben und dein Label mit deinem Nachnamen benennst (Dettmann I, Dettmann II). Und auch dein Label trägt deinen Namen: Marcel Dettmann Records. Ist Marcel Dettmann selbstverliebt? Mal im Ernst: In welchem Licht siehst du deine Tracks: als Ausdruck deiner Persönlichkeit oder erzählst du mit Musik noch eine andere Geschichte?

Die Musik auf dem Alben ist ja komplett von mir produziert und ich tue mir immer schwer, mir irgendwelche Namen dafür einfallen zu lassen. Für mich war immer ziemlich klar: Musik ist Musik und ein Auto ist ein Auto. Meine Musik ist Marcel Dettmanns Musik und wenn ich ein Album mache, dann heißt es Dettmann und beim zweiten Album heißt es Dettmann II. Wenn ich irgendwann mal ein Konzeptalbum mache, dann nenne ich das vielleicht « Vulkan » oder « Maschine »… man hätte es natürlich auch « Dettmann April 2013 » nennen können (lacht).

Mein Label heißt Marcel Dettmann Records, weil ich die Musik auswähle: das sind alles Tracks, hinter denen ich zu 100% stehe, die ich alle super finde. Da geht es nicht darum, den Markt zu bedienen, sondern darum, mir selber etwas gutes zu tun. Wenn ich ein Demotape von jemandem bekomme, den ich mag oder den ich kennengelernt habe, und Lust habe, seine Musik zu veröffentlichen, dann lasse ich mir ‘ne Weile durch den Kopf gehen und Ende ist es meine eigene Auswahl. Ganz einfach.

Wir haben im Juni erfahren, dass du im August die nächste Ausgabe der Fabric-Mixreihe abliefern wirst. Was ist dein Ziel, was willst du mit dieser Compilation erreichen? Ich kann mir vorstellen, dass es mehr wird als eine bloße Aneinanderreihung von Tracks, oder?

Es ist immer wieder toll für einen DJ, eine solche CD zusammen zu stellen, ob das ein Compilation, eine Mix-CD, eine Maxi ist… Es macht immer wahnsinnig viel Spaß. Fabric ist ein großer und bekannter Club in London und es ist für mich natürlich eine große Ehre, eine CD für sie zu produzieren. Es gab viele Überlegungen, in welche Richtung es gehen könnte: ein klassisches DJ Set z.B., es ist ja auch eine Clubreihe. Ich habe mir aber gedacht: Okay, ich habe noch viele tolle unveröffentlichte Demo-Tracks, die ich mir alle noch mal in Ruhe angehört habe. Und ich habe dann eine Liste von Tracks erstellt, mit denen ich den Mix machen wollte. Schwierig, wenn du nur eine Stunde und 15 Minuten hast, um eine Vibe zu erzeugen. Aber ich denke, dass es mir ganz gut gelungen ist. 12 Tracks kommen auf meinem eigenen Label heraus, drei sind entweder Remixe von mir oder Tracks, die für mich gemacht wurden. Von Robert Hood oder François X, ein Franzose. Ich bin ein riesiger Fan von ihm. Super Typ, toller DJ.

Letzte Frage: Wir haben jetzt mit « Masse » und « Seduction » mehr über den Künstler, Macher und Producer als über den DJ Marcel Dettmann geredet. Wärst du ebenso wie Jeff Mills oder Moritz von Oswald bereit, weniger auf Tournee zu gehen, um dich mehr der Kompostion von Musik zu widmen ? Könntest du dir vorstellen, deine Musik in anderen Bereichen der Kunst wie Kino, Film, Oper oder Theater umzusetzen?

Ja. Definitiv. Wenn mich ein Projekt bewegt, wenn ich Lust darauf habe, dann auf jeden Fall. Ich mache das auch oft, dass ich mir eine Auszeit nehme. Zum Beispiel an diesem Wochenende: Ich spiele nur zweimal, heute auf dem Cabaret Sauvage und morgen auf einem Festival in Freiburg und dann fahre ich nach Hause. Ich mir gut vorstellen, mich anderen Kunstprojekten zu widmen und auch Zeit und Arbeit reinzustecken.

Bonusfrage : Wer ist dein Lieblingsspieler in der deutschen Fußball-Nationalmannschaft ?

Manuel Neuer. Der Keeper. Weil der einfach ein toller Typ ist und super gehalten hat. Das Final habe ich in Ibiza gesehen (lacht).

 

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– ENGLISH VERSION –

Seduction was on your last album Dettmann II, and it standed it out from the other tracks. You have just released a new EP with series of remixes and a longer version. Has it been scheduled since the beginning?

It is very interesting you raise this question because, when it has been released, Seduction has already been taken out, seen as very different from the other productions. Whereas the track itself is older than the other ones, it is the most representative of the skeleton of the album. One I have finished to produce this track, I have worked on other tracks in studio, which are all very different from each other. From my point of view, Seduction has always been of one the main tracks. Then, Emika put her vocals on. Which has increased a lot the interest of the track.

Regarding the film… Parker Ellermann is a very old friend of mine, who shoots very interesting shortfilms, and he asked me several time for producing some music for his films. It has never been really efficient, so we decided to proceed in the other way: he listened to Seduction and told me: « This, this is awesome! I want to shoot a movie around this track. » Therefore, the shortfilm could be considered as his own vision of the track. And I thought also that it could be good to do some remixes of Seduction. I have obviously proposed that to my friends Ryan (Elliott) and Anthony (Parasole). Then, with Shed, we did « Deuce Mix » to make it complete and produce a classical « German techno » sound.

There are many references into the film, specially to Fritz Lang cinema, but also some creative mindsets (filming in Western Berlin, for example). How did you participate into the conception of this visual masterpiece?

I have participated on the film conception in the only way that Parker told me what I had to do day after day. I let him an entire freedom regarding the direction of the short film. Fromm y point of view, the film is excellent, as it is. Obviously, it is not a new way to shoot a movie. It has been shot into 20-30’s style, with these settings, in all black and white. I find awesome the way Parker works on splits : for example, these masked figures who are dancing on the roof… the audience does not know at all why they are here, why there are doing that, what is their link with the whole picture. Masks are directly inspired from original ones, made by a Western Berlin artist in 20’s. Parker’s imitation is sublime. And the whole film is too. The story with this sick woman… I was really delighted with this short film.

On May, 2013, the first representation of « Masse » project took place. In a couple of weeks, the limited edition case will be released. Is it simply a project like many people can propose you, or is a wish from OstGut Ton to play a wider role into art and creation?

That is perfectly what you are saying. I want to afford something different from what you live in clubs. But I stay 100% DJ! Producing and composing some music, that is my deepest passion and gives me an incredible strength. Spend some time in studio producing some sounds or remixes, I like it has a child like playing with his toys. For Masse Project, I have worked with Frank Wiedemann, from Ame. We know each other from a very long time but we never had before the opportunity to work together. It was a real adventure and very funny, in the same time. The show with Staatsballett choregraphy was a blast! during the premiere, I felt really nervous and did not manage to relax. It is only from the second show I have managed to relax and fully enjoy it.

I have also, in the past, put into music a photo gallery for Friederike von Rauch, very famous in Germany. The audience of the gallery have felt the music in a very subtile way. It has been a very engaging exercice, something really different. But once, I repeat: I am a 100% DJ.

We noticed you always use your name into your albums title, in addition of your label name. Mr Dettmann, are you a narcissistic person? (he laughs). Do you see your work as a sonor expression of you, beyond of a simple musical narration?

I produce the entire music of my albums, and I spend some very long time to find them a name. But for me, things are clear: music is only music, as a car is only a car. My music is Marcel Dettmann’s music. Quite simply ! When I produce an album, I call it « Dettmann », and then the other one « Dettmann II ». If ever one day I would have to produce a conceptual album, maybe I will call it « Vulcano » or « Machine »… I could even be able to call my album «Dettmann April 2013 »! (laughs)

My label is called « Marcel Dettmann Records », simply because I choose the music: I am deeply invested in my label and in every track of it, and I find them all incredible. My objective is not to run a market, but really, to enable me to produce something big. When I receive an artist’s demo I like or I know, if I want to produce his music, I just take my time for reflexion. And after all, it is my own choice. Simply!

One more news about your work : you have been called in order to handle next « Fabric 77″. What do you try to inject from your art into a compilation?

It is always a real honour, as a DJ, to build the compilation of this kind of CD. You always spend good time. Fabric is a really famous club in UK, and it has been an honour to deliver them the CD. But I have wondered for a long time what aim I will give it… A classic DJ Set? a club compilation? And then, I told myself « ok, right, I have received many very good demos, so I will listen to them carefully » and I have proceeded to a shortlist to see which demo I will include into my mix. It is quite hard job when you only 1h15 to create the ambiance you have imagined since the begining. But I deeply think I did the job quite well… There are twelve tracks of my label, three of them are my own remixes or remixes of my last productions. And then there is also the latest Robert Hood track. And also a French one! From Francois X. A delighting man, and a very good DJ… I am definitely one of his fans!

More than a DJ, thanks to « Masse » and « Seduction », they talked about Marcel Dettmann as a composer. Like Jeff Mills or Moritz Von Oswald, would you be ready to do less gigs in order to afford more time to creation and make your art available for others?

Of course yes. If a project gives me interest, motivation, I will not hesitate a second. I can afford that when I have some rest time… For example, this week end, I only play twice. Today at the Cabaret Sauvage, and in a few hours at Freiburg. Then, back home… I totally imagine myself into other artistic projects, which would ask for time and investment.

Marcel, as you may know, many people were fan of your set at Weather Festival… Could you tell us if the following track will be released one day?

I think you are talking about this: Roots Panorama – Mars (Deetron Version) – Character
(release scheduled on Deetron new label, on September)

Bonus question : who is your favorite German football player, among the World Cup winning team?

Manuel Neuer, the goalkeeper. Because, on human side, he is such a great guy, and he has been excellent during the World Cup. I’ve watched him playing final match when I was in Ibiza (laughs)

 

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