Interview tozzi3

Published on mars 21st, 2018 | by Romane

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Luigi Tozzi : « Vivre l’aventure musicale aussi libre que possible »

– INTERVIEW – Cette semaine, Delighted a eu la chance de poser quelques questions à Luigi Tozzi en amont de sa venue à Concrete. L’occasion pour la rédac’ d’en savoir plus sur ce jeune italien au talent inégalable et à la modestie rafraichissante. Une interview où il se dévoile et nous donne même quelques infos croustillantes…

Propos recueillis par Romane
(SCROLL DOWN FOR ENGLISH!)


En quelques années seulement, tu es devenu une figure incontournable de la scène électronique italienne. La qualité de tes productions n’a jamais été mise en doute. Et tu n’as que 23 ans ! Comment as-tu été introduit à la musique électronique et comment s’est lancée ta carrière ?

Hehe, je n’ai plus 23 ans malheureusement. C’est l’âge que j’avais lorsque j’ai commencé à faire de la musique en 2014 :)
Mon introduction à la musique électronique s’est faite avec l’ambient (surtout Vangelis) et petit à petit, je me suis orienté vers des sonorités avec plus de beats. J’ai commencé à m’intéresser à la production en découvrant la dub techno, j’étais obsédé par des tracks de Basic Channel avec toutes ces modulations subtiles.

Ta musique a toujours ce quelque chose d’émotionnel. Comme si tes sons étaient un flirt divin entre ambient et dub. D’où te viennent tes inspirations ?

Comme je l’ai dit, l’ambient et la dub sont mes influences premières, mais bien sur, je m’inspire beaucoup de choses autres que musicales comme la littérature, le cinéma et les humains bien sur.

Tu fais partie de The Memoir, en tant que Page One sur Hypnus Records aux côtés d’artistes tels que Yuka, Oscar Mulero ou encore Shaded Explorer. Quelle est l’idée principale derrière The Memoir ? Le considères-tu comme un projet collaboratif ou pas du tout ?

L’idée majeure de The Memoir est de mettre en avant la signature musicale de chaque musicien avec un mix uniquement composé de leur propre matériel. Je fus le premier il y a quelques années et c’était un procédés très intéressant, en le réécoutant je me dis que c’était vraiment un bel échantillon de ce que ma musique était à cette époque précise. On a prévu d’en refaire un que je commencerai à enregistrer dans quelques mois et ce sera intéressant de voir où ma musique en est trois ans plus tard !

Tu as l’air de choisir les labels sur lesquels tu produis très méticuleusement tout comme ceux avec qui tu collabores… J’ai notamment en tête tes travaux avec Dino Sabatini. Peux-tu nous en dire plus sur la relation artistique que vous avez créé ainsi que l’amitié qui vous unit ?

Et bien, j’aime travailler avec des labels sur le long terme, qu’on grandisse ensemble et pouvoir avoir une relation particulière avec chaque patron de label ainsi que tous ceux qui y bossent. J’ai eu la chance de tomber sur des projets inspirants tels que Hypnus, Outis Music et Mental Modern qui m’ont beaucoup aidé avec ma musique.
J’ai rencontré Dino en 2015, on était tous les deux basés à Rome à cette époque et il s’est intéressé à moi suite à un mix que j’avais posté sur ma page Soundcloud. J’ai bien sur été très flatté que ma musique puisse contribuer à la discographie de Outis car ce label a sorti des disques qui sont pour moi des immanquables de la deep techno. Puis l’an dernier nous est venus l’idée de collaborer, je pense que le résultat est top mais qu’on peut encore faire mieux, en espérant qu’on puisse passer du temps en studio ensemble bientôt !

« Je suis toujours plus intéressé par l’apprentissage que l’enseignement. »

Tu as un programme très chargé en terme de gig. Quels sont les points forts et faibles au fait de voyager autant pour le travail ? Y-a-t-il un lieu que tu affectionnes particulièrement ?

Pour les points forts, je dirai de pouvoir faire voyager ma musique dans de nombreux pays et d’y rencontrer de nouvelles personnes qui partagent ma passion, je suis vraiment reconnaissant d’avoir cette chance là. Le problème majeur pour moi est d’être loin de mon studio et de ne pas avoir le temps de me consacrer pleinement à la production sur certaines périodes. Mais je parviens quand même à prendre quelques mois (comme je viens de le faire) et je suis ainsi bien plus productif et inspiré quand j’ai enfin le temps de me replonger en studio.
Je passe un bon moment dans la plupart des endroits où je joue, mais mentions spéciales bien sur à Khidi (Tbilisi) et The Block (Tel Aviv).

« J’ai du mal à m’envisager faire quoi que ce soit qui n’inclut pas un procédés créatif. »

D’ailleurs, es-tu toujours résident de Khidi à Tbilisi ? Comment cette résidence s’est-elle mise en place ? Pourquoi Tbilisi et pas ailleurs ? Accepterais-tu d’être résident d’un autre club en Europe ?

Oui, je le suis toujours. L’idée de la résidence est survenue après mon premier gig là-bas, on s’est très bien entendus et ils ont décidé de m’adopter ! Tbilisi est l’une des scènes les plus intéressantes du moment, c’est tout nouveau et la foule y est vraiment ouverte d’esprit, être capable de jouer régulièrement dans un tel lieu me fait beaucoup apprendre et évoluer en tant que DJ.
J’aimerais également beaucoup avoir une résidence dans un lieu comme Rome, car j’y habite mais la scène ne s’y porte pas très bien. Mais je prévois de déménager à l’étranger l’an prochain (sûrement en France), et j’y serai carrément intéressé par une résidence.

Khidi, Tbilisi

Ces dernières années, on a vu pas mal d’artistes au sein de la scène électronique s’impliquer dans des débats politiques. Penses-tu que les réseaux sociaux doivent devenir des plateformes d’expressions où les artistes lancent des débats ?

Ce que j’en pense c’est que chacun devrait s’en tenir à son domaine, je fais de la musique électronique et me sers des réseaux sociaux pour être en contact avec ceux qui aiment ce que je fais et pour pouvoir échanger avec eux.

Il y a t’il un sujet sur lequel tu aimerais éveiller l’attention ? Si oui, lequel est-ce ?

Comme je l’ai dit, je ne suis personne pour prétendre éduquer les gens, et je suis toujours plus intéressé par l’apprentissage que l’enseignement. :)

Et maintenant, une question plus “générique”… Où te vois-tu dans dix ans ? Et notre planète, comment imagines-tu son évolution au cours de la prochaine décennie ?

J’ai passé une bonne partie ma jeunesse à trop penser et à programmer mon avenir et me suis rendu compte que c’était le meilleur moyen de se perdre. Je me suis promis de vivre cette aventure musicale aussi librement que possible, et cela inclut de vivre dans le présent et de ne pas trop penser à où je serai dans quelques années. Je vais continuer tant que ça me plait et si jamais cela doit s’arrêter, je serai encore plus motivé à transformer ce que j’ai appris en quelque chose d’autre. J’ai du mal à m’envisager faire quoi que ce soit qui n’inclut pas un procédé créatif.

Pour finir et si ce n’est pas trop indiscret… As-tu des sorties de prévues pour 2018 ?

Bien sur ! Deux EPs sont déjà finis et signés, et je travaille aussi sur un LP. Puis quelques remixes et des Various Artists viendront s’ajouter au calendrier cette année.


In just a few years you’ve become an unavoidable figure of the Italian electronic music scene. The quality of your productions has never been doubted. And you’re only 23 years old! How were you introduced to electronic music and how did your career start?

Hehe I’m not 23 anymore unfortunately! I was when I started making music in 2014 :)
My introduction to electronic music came from ambient (mainly Vangelis) and I slowly got into more beat oriented music later on.
I started to be interested in making my own music when I discovered dub techno, I was obsessed by some Basic Channel tracks with all these subtle modulations going on.

Your music always has a very emotional feel. It seems like your sounds are a divine flirt between ambient and dub. Where do you draw your inspirations from? 



As I said previously ambient and dub are exactly my first influences, but I have many other non-musical sources of inspirations, like literature, cinema and humans of course :)

You are part of The Memoir as Page One on Hypnus Records alongside artists such as Yuka, Oscar Mulero or Shaded Explorer. What’s the main idea behind The Memoir? Do you consider this project as a collaborative one or not? 



The main idea behind The Memoir is to showcase the signature sound of each musician with a mix composed exclusively by his own material.
I was the first pick a few years ago and it was a very interesting process, listening back to it I realize how much it is a good photography of what my sound was at the moment. 
We’ve planned a new one that I will record in a few months and it will be interesting to see where I got with my music three years later!

« I think that everyone should stick to his own field. »

You seem to be picking the labels you’re releasing on very carefully as well as who you are collaborating with… I have in mind your works with Dino Sabatini. Can you tell us about the artistic bound you guys have created as well as your friendship?



Well I like to work with labels in long term, to grow together and have a personal relation with every label owner and member of the roster. I was lucky enough to find inspiring projects like Hypnus, Outis Music and Mental Modern to support me and my music.
I met Dino in 2015, we were both based in Rome at the moment and he got interested by a mix I had posted on my Soundcloud page. I was obviously very flattered to be able to contribute with my music to the discography of Outis which released records that for me are milestones in deep techno.
 Then we came up with the idea of the collaboration last year, I think it turned out good but I’m sure we can do even better, hopefully we’ll manage to spend some time together in the studio again soon!

You have a very busy touring schedule. What are the pros and cons of traveling that much for work? Is there a venue that you affectionate particularly?

Well the pros are being able to bring my music in many countries and meet new people who share my same passion, I’m really grateful to have this chance. The main problem for me is being far from the studio and not being able to have the right focus to make music in certain periods. But still I always manage to take some months off (as I just did) and I’m even more productive and inspired when I finally have time to put myself back in the studio.
I have a great time in most of the places where I play, but a special mention for sure goes to Khidi (Tbilisi) and The Block (Tel Aviv).

By the way, are you still a resident of Khidi in Tbilisi? How did this residency start? Why Tbilisi and not anywhere else? Would you accept to be a resident in any other clubs in Europe? 



Yes I am, the idea of the residency came after my first gig there, we got along very well with the people behind the club and they decided to adopt me! 
Tbilisi has one of the most interesting scenes at the moment, it’s new and the crowd is really open minded, being able to perform regularly in a place like this is making me learn and improve a lot as a DJ.
I’d love to also have a residency in the place where I live but in Rome at the moment the scene isn’t very healthy. Still I’m planning to move in another country next year (probably in France), could definitely be interesting to have a residency there!

Over the past couple years, we’ve seen quite a few artists within the electronic scene get involved in rather political talks. Do you think social media platforms should become outlets for artists to start these kind of conversations? 



What I think is that everyone should stick to his own field, I make electronic music and use social media to be in contact with people that like what I do, and exchange with them.

If there’s a subject that you’d like to raise awareness on, which one would it be and why?

As I said before, I am nobody to pretend to educate people, and I’m still more interested in learning than teaching :)

On to a more generic question… Where do you see yourself in 10 years? What about our planet, how do you envision its evolution within the next decade?

I’ve been programming and overthinking about my future for all my youth, and found that it is the best way to get lost.
I promised myself to live this adventure in music as free as I can, and this means living in the present and not really thinking to where I’ll be in a few years. I’ll keep doing it until I enjoy as I do now, and if and when it will be over, I’ll be even more motivated to bring what I’ve learned into something else. I don’t really see myself doing anything that doesn’t involve a creative process anyway.

Lastly and if it’s not too indiscreet… Do you have any releases planned for 2018? 



Of course I do: Two EPs are finished and signed already, and I am working on an LP also. Then a couple remixes and various artists will complete the schedule for this year.

Thank you Luigi and see you at Concrete ! 


Luigi Tozzi sur Facebook : https://www.facebook.com/LuigiTozziMusic/
Luigi Tozzi sur Soundcloud : https://soundcloud.com/luigitozzi/
Event Concrete sur Facebook : https://www.facebook.com/events/1609769439111351/

 

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