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Published on décembre 10th, 2014 | by Piotr

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Extrawelt, un monde à eux seuls

(INTERVIEW EN VERSIONS FRANÇAISE ET ALLEMANDE)


Le live d’Extrawelt au Rex, on l’a noté sur notre calepin depuis des semaines. On ne le ratera pas. Elles sont nombreuses les nuits fiévreuses au Rex Club, celles où l’on sent qu’il se passe quelque chose, où l’on se dit le lendemain : « j’y étais ». La sensation de vivre un moment unique, insaisissable. La foule et les artistes vivent un amour fusionnel. Elle en a des frissons. La techno opère son travail mental, et on en ressent presque une douleur. Extrawelt au Rex, cela fait partie de ces concerts qu’on voudrait vivre tous les mois. La Btrax a pris la bonne habitude de les inviter, on s’en réjouit. Le rendez-vous est pris.

Arne et Wayan préparent leurs machines quelques heures avant leur performance. Sur le dancefloor circulaire du Rex, le calme règne avant tempête. Lors des essais son, le personnel du Grand Rex descend en catastrophe. On entend les basses jusque dans les salles de cinéma… On reprendra les essais après la séances. Amusés, Arne et Wayan se prêtent alors au jeu de l’interview. « Ne nous filmez pas de trop près, notre maquilleuse n’est pas là. Sinon vous modifierez sur photoshop hein… » Un clin d’œil, une gorgée de bière et les premiers éclats de rire. L’interview part sur les chapeaux de roues.

*A la fin de l’interview, Delighted vous révèle en exclusivité des informations sur les prochaines sorties d’Extrawelt. Des edits souvent joués lors de leurs derniers lives.

Propos recueillis par Piotr / Photos de Juliette Boullais et Guillaume Julien

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– VERSION FRANÇAISE –

Une première question bien normale à propos de votre relation avec le Rex Club. On vous voit minimum une fois par an ici. Que représente ce lieu à vos yeux ?

Wayan : le Rex on y prend toujours du plaisir. C’est un de nos clubs préférés au monde. On est très heureux d’y être invités une fois par an. On préfèrerait même venir plus souvent, mais ça n’aurait pas de sens pour un live. Une fois par an, ça suffit.

Arne : on essaie une fois par an un nouveau lieu à Paris, mais au Rex, on revient toujours. On est venus sept ou huit fois depuis notre première date en 2006. A Paris, le Rex reste notre adresse fixe.

Il me semble que vous avez tous les deux commencé par la trance. Cette musique est-elle toujours une source d’influence importante dans votre travail ?

Arne : j’ai commencé à vrai dire par le hardcore et le gabba (courant de la musique hardcore d’origine hollandaise) (rires). C’était une transition courante à l’époque. Nous nous sommes longuement ancrés dans la scène psy-trance au début en tant que DJs, et un peu plus tard on y a joué nos premiers lives. A l’époque encore sous les alias « Midimiliz » et « Spirallianz ». Mais ce n’était pas le son typique psy-trance, on était un peu la fraction techno dans les teufs Goa. On n’a plus grand chose à voir avec ce genre de musique, mais on joue encore de temps en temps dans des festivals, par exemple au Boom Festival au Portugal. C’est un festival légendaire qui mélange d’ailleurs les genres musicaux. Là-bas, il existe une super scène alternative, qui est presque aussi grosse que la scène principale. Il y passe du Dubstep, de l’electronica et même de l’ambiant, il y a de tout. C’est toujours génial là-bas.

Depuis le début de votre carrière, la musique est un projet commun. En duo, en trio et puis à nouveau en duo. Avez-vous déjà prévu de commencer une carrière solo ?

Arne : Dans le passé, il y a déjà des tracks d’Extrawelt que j’ai créées seul, et la plupart même ces dernières années. Peut-être qu’il y aura des projets en solo, mais juste comme ça, de passage. Il n’y a jamais eu un objectif précis de créer un groupe, de devenir DJs, producteurs ou quelque chose comme ça. Ca c’est seulement passé ainsi. Nous avions dans le passé divers projets : tous les deux avec « Midimiliz » et « Spirallianz », et avec Marcus d’X-Dream on a produit The Delta et Downhill. Récemment, j’ai recommencé à faire de la musique avec Marcus. Il en est sorti un nouveau projet qui s’appelle « Der Interpret ». Le premier 12’’inch, Since Forever, est d’ailleurs sorti en janvier chez Traum Schallplatten. En général, c’est rare qu’on se fixe des objectifs et on n’aime pas les plans sur la comète. Du coup on se sent très flexible et libre. Ca vient comme ca vient !

Avec The Inkling sorti l’année dernière, on a vu naître deux vidéos. A quoi ressemble ce travail en commun avec « Denial of Service » ?

Arne : Jusque là, il existe seulement trois vidéos officielles de nous, et elles sont toutes l’œuvre de Denial of Service. Je lui laisse une liberté complète pour travailler, et je lui donne juste mon avis pour la touche finale, s’il y a d’éventuelles coupes à changer. Haris est un ami originaire de Grèce, et il n’a malheureusement que très peu de temps. J’aimerais travailler plus avec lui. Je m’imagine bien créer un live show visuel avec lui pour les festivals, mais pour l’heure ce n’est qu’une idée en vrac.

Et justement, qu’est ce qu’apporte la vidéo à votre musique ?

Arne : Haris a son propre style, et il ne transpose pas forcément notre idéal musical en image, c’est pourquoi je trouve que c’est aussi captivant. Ce sont deux dimensions à part entière qui s’enrichissent et se complètent l’une l’autre. Et de cette fusion, s’élaborent une nouvelle émotion et une autre perception de la musique. Son travail est superbe, car il est minutieux et abstrait. Il n’y a pas d’action, aucun personnage, aucune histoire. Il est seulement question de fantaisie pure et d’émotions, comme dans notre musique. Sans paroles ou texte, sans thème défini. Seulement quand nous cherchons un titre pour une musique, un thème se révèle. Haris travaille en toute liberté, comme nous. Il produit ce qu’il lui passe par la tête. C’est aussi important qu’il se calque sur notre musique, et je trouve que ça se voit dans ses vidéos.

De plus en plus de DJs travaillent avec des projections vidéo, du mapping. Chez vous ce n’est pas le cas. Vous n’avez pas envie de faire de votre live un show vidéo, en y ajoutant des effets visuels sur la musique ?

Wayan : le sujet est souvent revenu sur la table : doit-on recourir aux effets visuels ? Jusqu’ici, la musique est restée au premier plan. Pour autant, il y a dfes gens qui ne viennent pas pour voir un show comme à un concert de rock, mais il y en aussi d’autres, débout au fond de la salle, qui sont plus réceptifs au Show, et qui attendent moins de la musique.

« nous aimons aussi le purisme : nous, seuls, avec notre équipement, les machines, la musique et la foule »

La musique suffirait à raconter une bonne histoire ?

Wayan : jusqu’à maintenant oui. Nous verrons. Peut-être, un jour, il y aura quelque chose en plus.

Arne : les deux ont des avantages et des inconvénients. Le show peut détourner de la musique, ou il peut la compléter, et nous aimons aussi le purisme : nous, seuls, avec notre équipement, les machines, la musique et la foule. Si les effets visuels sont bien faits, on les testerait seulement pour des scènes bien spéciales. Je peux très bien imaginer non pas un mega show avec des effets incroyables, mais quelque chose de délicat, subtil, qui accompagne la musique et qui ne la surplombe pas. Cela exige beaucoup de préparation, si on veut vraiment bien le faire.

Wayan : si tu veux bien le réaliser, cela coûte beaucoup d’argent aussi. Du mapping, ils sont nombreux à en faire ces temps-ci. C’est pourquoi ce ne serait pas très innovant d’installer n’importe quel cube sur une scène et de le mapper. On essayerait quelque chose d’autre, on créerait quelque chose de neuf.

Arne : Et puis ça demande aussi beaucoup de temps, et nous, on est juste trop flemmards pour ça (rires).

Donc on ne doit pas s’attendre à voir un show 3D Extrawelt ?

Arne : il ne faut jamais dire jamais. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y en aura pas dans les deux prochains mois (rires).

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Arne, on peut voir un reportage dans lequel tu marches dans la rue avec ton enregistreur. Tu enregistres des sons à l’aéroport, dans une gare, ou simplement dans la rue. L’environnement urbain serait-elle ta principale source d’inspiration ?

Arne : Pas vraiment. En réalité, nous venons des environs d’Hambourg, d’une petite ville. Nous sommes partis plus tard seulement vers une grande ville. Wayan habite un peu en dehors d’Hambourg et moi j’ai bougé à Zurich. Cela se reflète certainement dans la musique, mais il n’y a rien de vraiment concret, ce n’est pas une influence de premier plan. Le projet du reportage était une idée d’un réalisateur. Il fallait que j’enregistre des sons urbains et Dominik Eulberg des sons de la nature. Et ensuite on créerait de la musique à partir de ces sons très différents. De là, l’EP A Little Further a vu le jour. Il est sorti chez Cocoon au début de l’année. Ca a vraiment bien marché, et nous étions totalement inspirés. Mais avant, on avait déjà utilisé d’autres enregistrements de terrain ou des samples.

Dans le même reportage, on voit votre ami Dominik Eulberg qui enregistre des sons en pleine nature. Il explique que la musique est pour lui une forme de la nature. Est-ce que vous diriez, qu’à l’inverse, votre musique est une forme de notre civilisation urbaine ?

Wayan : ni l’un ni l’autre. On ne cogite pas trop. Pour moi tout se rattache : l’écoute c’est de la nature, la physique est aussi nature. Chaque son accouche de la nature et atteint les oreilles à travers l’air et des ondes sonores par un moyen naturel. Les émotions aussi proviennent de la nature. Mais cela n’a rien à voir avec la nature dehors ou n’importe quelle ville, c’est indépendant de cela. La musique c’est la musique et elle reste indépendante de toutes ces préoccupations là.

Vous avez un lieu particulier où vous tirez le meilleur de votre inspiration ?

Wayan : bien sûr, au Rex ! (rires)

Arne : En studio à vrai dire…

Dans une ancienne interview réalisée en 2012, on vous demandait avec qui vous aimeriez collaborer. Vous avez répondu, entre autres: Beth Gibbons, Eric Sermon ou Busta Rhymes. Des univers bien différents, qui semblent éloignés de votre musique n’est-ce pas ?

Wayan : je crois que nous avons tous les deux des goûts musicaux très larges. On écoute vraiment de tout. Une fois on était assis dans un hôtel et nous écoutions un concert de Neil Young à la télé. Ca nous a vraiment plu, alors même que nous n’écoutons pas souvent ce genre de musique. Il y a tellement de bonnes choses, dans tous les styles musicaux. J’écoute volontiers du jazz ou du classique. Et tous les styles musicaux ont leur légitimité. Il n’y a pas le bon et le mauvais style de musique. Il y a seulement le bon moment pour telle bonne musique. C’est primordial. On ne peut pas toujours écouter de la techno…

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Bon votre réponse n’était pas une blague quoi ?

Wayan : non, non. C’était sérieux.

Arne : Erick Sermon par exemple et un grand exemple pour nous, du moins dans sa manière de produire.

Enfin, vous êtes très souvent en tournée, vous avez beaucoup de dates. Comment faire pour ne pas reproduire le même live deux fois de suite ? C’est de l’intuition ? Vous discutez avant votre live de ce que vous projetez de faire ?

Arne : On ne fait jamais exactement la même chose. Mais on est un peu restreints, donc on décide avant quelle tracklist on joue de façon à ce que notre Set-up, avec les changements de programme et les samples correspondants, fonctionne: on juge selon le temps, le lieu et l’ambiance, et on définit juste avant. Cela a des avantages et des inconvénients. On est de toute façon moins flexibles qu’un DJ par exemple, qui peut réagir très rapidement, quand le public ne s’agite pas sur ce qu’il envoie. Il passe alors autre chose. Au contraire, nous on est obligés d’aller jusqu’au bout, ce qui a aussi son avantage. L’ordre du Set a du sens. Quand à un moment il y a un passage à vide, c’est parfois volontaire, parce que la track suivante est en préparation, et qu’elle va d’autant plus déchiré. En outre, on joue évidemment en live à travers les tracks, en filtrant, modulant, ajoutant des effets, et c’est pour ça que chaque Live est différent. En plus on ajoute de nouvelles tracks là-dessus, d’autres s’en vont, de nouveaux edits et idées complètent le Set. C’est une sorte de gigantesque arrangement des tracks qui change de date en date et qui est en mutation, encore et encore.

Wayan : Bien sûr, nous avons aussi quelques trucs qu’on continue de jouer depuis des années. Ce sont les tracks que les gens ont envie d’entendre dans notre live. Et quand on voit la réaction du public, totalement à fond dedans, alors ça a un sens de jouer à nouveau nos anciennes tracks.

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* Les prochaines releases d’Extrawelt, en exclusivité pour Delighted:

Glitterbug – Far Far Light (Extrawelt Remix) on Notown Recordings / Dec 2014
Extrawelt – Breaking Bricks EP (w Ulrich Schnauss Remix) on Halo Cyan / Jan 2015
Juno Reactor – Final Frontier (Extrawelt Remix) on Metropolis / Mar 2015
Landslide – Wasteland (Extrawelt Remix) Avril/Mai 2015

 

– DEUTSCHE VERSION –

Erste Frage, ganz normale Frage : euer Verhältnis zum Rex Club. Mindestens einmal pro Jahr kann man euch hier sehen. Was bedeutet dieser Ort für euch?

Wayan: Das Rex ist immer toll. Es ist eine unserer Lieblingslocations weltweit. Wir sind immer gerne hier und froh, dass wir einmal im Jahr eingeladen werden. Wir würden am liebsten noch öfter kommen, aber das macht für einen Live-Act einfach keinen Sinn. Ein Mal im Jahr muss reichen.

Arne : Wir probieren in Paris zusätzlich einmal im Jahr noch was anderes aus, aber ins Rex kommen wir immer wieder zurück. Sieben mal oder acht mal waren wir seit unserem ersten Mal 2006 hier. Für Paris bleibt das Rex unsere feste Adresse.

Ich glaube, ihr habt beide mit Trance Musik angefangen. Ist Trance Musik heute noch ein wichtiger Einfluss auf eure Arbeit?

Arne : Ich habe eigentlich mit Hardcore und Gabba angefangen (lacht). Das war alles ein fließender Übergang damals. Wir waren lange in der Psychedelic Trance-Szene angesiedelt, am Anfang als DJs und etwas später spielten wir dort auch unsere ersten Live-Acts – damals noch als „Midimiliz“ und „Spirallianz“. Das war zwar nie typischer Psy-Trance-Sound, wir waren ein bisschen die Techno-Fraktion auf den Goapartys. Eigentlich haben wir mit der Musikrichtung nicht mehr viel zu tun, aber wir spielen ab und zu noch auf den Festivals, zum Beispiel auf dem Boom Festival in Portugal. Das ist ein legendäres Festival und mittlerweile auch Genre-übergreifend. Dort gibt’s einen super Alternative-Floor, der fast so groß ist wie die Mainstage. Dort läuft von Dubstep über Electronica und Ambient bis „Band“-Musik alles. Es ist immer wieder toll dort.

Seit Beginn eurer Karriere ist eure Musik ein gemeinsames Projekt von euch beiden. Im Duo, im Trio, dann wieder im Duo. Habt ihr auch mal geplant, eine Solo-Karriere zu starten?

Arne : In der Vergangenheit gab es auch schon öfter Extrawelt Tracks die ich alleine gemacht hatte, in den letzten Jahren sogar überwiegend. Vielleicht wird es auch mal Solo Projekte geben, aber eher nur nebenbei. Es gab nie einen Masterplan, dass wir jetzt eine Band gründen, DJs werden oder Produzenten oder so ähnlich. Das ist einfach passiert. Wir hatten in der Vergangenheit verschiedene Projekte: wir beide als „Midimiliz“ und „Spirallianz“, mit Marcus von X-Dream haben wir zusammen The Delta und Downhill produziert. Neulich habe ich mit Marcus wieder mal Musik gemacht, daraus ist jetzt auch ein neues Projekt entstanden und nennt sich „Der Interpret“, die erste 12“ namens Since Forever ist übrigens im Juni auf Traum Schallplatten erschienen. Wir setzen uns aber generell selten Ziele und machen ungern Zukunftspläne, daher sind wir dann auch flexibel und frei. Es kommt wie es kommt!

Zur The Inkling EP aus dem letzten Jahr wurden zwei Videos veröffentlicht. Wie sah die Zusammenarbeit mit „Denial of Service“ aus?

Arne : Bisher gibt es ja von uns erst drei offizielle Videos, die sind aber alle von ihm. Ich lasse ihm absolute Freiheit und gebe nur am Ende noch mein Feedback für den Feinschliff um eventuell ein paar Schnitte etc. zu ändern. Haris ist ein Freund aus Griechenland und hat leider weniger Zeit, ich würde gerne mehr mit ihm zusammenarbeiten. Ich kann mir auch gut vorstellen mit ihm eine visuelle Show für Festivals zu machen, aber bis jetzt ist es nur eine lose Idee.

Was bewirkt das Video als Untermalung eurer Musik?

Arne : Er hat seinen ganz eigenen Stil und er setzt nicht zwangsläufig unsere musikalische Idee in Bilder um, aber ich finde gerade deshalb ist es so interessant. Es sind zwei eigenständige Dimensionen die sich gegenseitig unterstützen und ergänzen und dadurch entsteht ein neues Gefühl und auch eine andere Wahrnehmung der Musik. Seine Sachen passen einfach super, weil sie kleinteilig und auch sehr abstrakt sind. Es gibt keine Handlung oder keine Person, keine Story. Es handelt sich um reine Fantasie und Gefühle, wie auch bei unserer Musik. Ohne Gesang und Text oder eine bestimmte Thematik. Erst wenn wir für einen Track einen Namen suchen, ergibt sich manchmal ein Thema. Er arbeitet frei, ebenso wie wir. Er produziert, wozu er gerade Bock hat. Es ist auch wichtig, dass er auf unsere Musik abflasht, und ich finde genau das sieht man in seinen Videos.

Immer mehr DJs arbeiten nun mit Videos, Strukturen, Mapping, Projektionen. Das ist bei euch seltener, oder ? Oder wollt ihr, dass euer Live-Act bald in Richtung Show-Act geht ? Plant ihr, mehr visuelle Effekte in eure Musik aufzunehmen ?

Wayan : Wir haben immer mal wieder darüber nachgedacht, mehr visuelle Effekte einzusetzen. Bisher stand aber die Musik im Vordergrund. Deswegen kommen auch die Leute, und nicht, um eine Show zu sehen wie bei einem Rockkonzert, wo auch derjenige, der ganz hinten in der Halle steht, bekommt noch die Show mit, aber wenig von der Musik. Bei uns ist das ja meist anders.

« wir mögen auch einfach das Puristische, also nur wir, das Equipment, die Anlage, die Musik und die Leute »

Reicht die Musik, um eine gute Story zu erzählen ?

Wayan: Bisher ja. Wir werden mal sehen. Vielleicht kommt irgendwann noch mehr.

Arne: Beides hat Vor- und Nachteile. Die Show kann von der Musik ablenken oder sie unterstützen, und wir mögen auch einfach das Puristische, also nur wir, das Equipment, die Anlage, die Musik und die Leute. Wenn die visuellen Effekte gut gemacht sind, würden wir es bei speziellen Auftritten ausprobieren. Keine Mega Show mit special Effects und so, aber etwas dezentes, subtiles was die Musik begleitet und nicht überragt kann ich mir gut vorstellen. Das bedarf viel Vorbereitung denn wenn wir es machen, wollen wir es richtig gut haben.

Wayan : Es kostet auch viel Geld, wenn man es gut machen will. Mapping machen im Moment viele. Deswegen ist es wenig einfallsreich, nun irgend einen Würfel auf die Bühne zu stellen und ihn zu mappen. Wir würden versuchen etwas anderes, neues zu machen.

Arne : Es kostet auch viel Zeit, und dazu sind wir einfach zu faul (lacht).

Also dürfen wir keine perspektivische Live-Show von Extrawelt erwarten?

Arne: Sage niemals nie (lacht). Aber sicher nicht in den nächsten zwei Monaten (lacht)

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Arne, ich habe eine Reportage gesehen, in der man dich durch die Straßen laufen sieht. Du hast dein Aufnahmegerät im Hand und du nimmst Sounds auf: am Flughafen, am Bahnhof oder einfach auf der Straße. Ist die Stadtumwelt deine grundsätzliche Erleuchtungsquelle ?

Arne : Nicht wirklich. Eigentlich kommen wir aus Umfeld von Hamburg, aus einer Kleinstadt. Wir sind erst später in die grosse Stadt (Hamburg) gegangen. Wayan ist gerade wieder etwas weiter raus gezogen und ich nach Zürich. Das spiegelt sich sicherlich auch in der Musik wieder, aber nicht wirklich konkret und greifbar, es ist kein maßgeblicher Einfluss. Das Projekt war eine Idee des Regisseurs. Es ging darum, dass ich Stadtsounds aufnehme und Dominik Natursounds, und wir zusammen aus den gegensätzlichen Feldaufnahmen dann Musik machen. Daraus ist dann sogar die A Little Further EP entstanden die Anfang des Jahres auf Cocoon Recordings rauskam. Das hat super funktioniert und wir waren auch total inspiriert. Feldaufnahmen oder Samples haben wir aber schon auch vorher benutzt.

In der selben Reportage sehen wir auch Dominik Eulberg, das ist ja ein guter Freund von euch. Im Gegensatz zu dir, Arne, nimmt er Aufnahmen aus der Natur und sagt, dass für ihn die Musik einfach ein Teil der Natur ist. Würdet ihr sagen, dass eure Musik dagegen eher ein Teil der menschlichen Zivilisation ist?

Wayan: Weder noch. Ich glaube, wir machen uns nicht so viele Gedanken darüber. Für mich hängt alles miteinander zusammen: Hören ist Natur, Physik ist Natur. Jeder Sound kommt durch die Natur zustande und erreicht über die Luft und Schallwellen auf natürliche Weise die Ohren. Auch Emotionen kommen aus der Natur. Aber das hat nichts mit der Natur da draußen oder mit irgendeiner Stadt zu tun, sondern ist davon unabhängig. Uns beiden ist es egal, ob wir uns in der Natur oder in der Stadt aufhalten. Musik ist Musik und unabhängig davon.

Habt ihr ganz besondere Orte, wo ihr eure tiefste Erleuchtung findet ?

Wayan: Im Rex natürlich! (lacht)

Arne: Im Studio eigentlich.

In einem ehemaligen Interview im Jahr 2012 hat man euch folgende Frage gestellt : Mit wem würdet ihr gerne zusammenarbeiten ? Ihr habt geantwortet: Beth Gibbons, Eric Sermon, Busta Rhymes. Das sind sehr unterschiedliche Künstler. Könnt ihr mir das erklären ? Die sind ja sehr weit von eurer Musik entfernt, oder ?

Wayan : Ich glaube, wir haben beide einen sehr breiten Musikgeschmack. Wir hören beide eigentlich alles. Einmal saßen wir im Hotel und hörten ein Neil-Young-Konzert im Fernsehen. Und das hat uns auch gefallen, obwohl wir diese Musik nicht oft hören. Es gibt so viel gute Musik, egal, in welche Richtung man geht. Ich höre auch gerne ‘mal Jazz oder klassische Musik. Das hat alles seine Berechtigung. Es gibt nicht die richtige Musikrichtung oder die falsche Musikrichtung. Es gibt nur den richtigen Zeitpunkt für die richtige Musik. Das ist entscheidend. Man kann eben nicht immer nur Techno hören.

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Die Antwort war kein Witz?

Wayan: Nein, nein, das war schon ernst gemeint.

Arne: Erick Sermon zB ist ein großes Vorbild von uns, zumindest produktionstechnisch! Snare & Bass Drums by E Double are the shit!

Ihr seid sehr viel unterwegs, habt viele Gigs. Wie kann man den selben Live-Act zweimal machen ? Oder ist das Intuition? Oder legt ihr euch schon vor dem Live-Act fest, was ihr macht?

Arne : Wir machen eigentlich nie genau dasselbe. Wir sind aber ein bisschen eingeschränkt dadurch, dass wir uns vorher entscheiden welches Tracklisting wir spielen damit auch unser Set-up mit allen Programm Changes funktioniert, alle entsprechenden Samples am Start sind etc: Wir richten uns nach Uhrzeit, Ort und Stimmung und legen uns dann kurz vorher fest. Das hat Vor- und Nachteile. Wir sind damit weniger flexibel als zb ein DJ, der sofort reagieren kann, wenn das Publikum darauf nicht abgeht was gerade läuft, bringt er was anderes. Wir dagegen ziehen unser Ding dann konsequent durch, was auch seinen Vorteil hat. Wir haben uns schließlich was dabei gedacht: Die Reihenfolge des Sets hat ihren Sinn. Wenn für eine Weile mal Leerlauf ist, ist es manchmal Absicht weil dadurch zB der darauffolgende Track vorbereitet wird, der dann umso mehr abgeht. Zusätzlich spielen wir natürlich live über die Tracks, filtern, modulieren, effektieren und alleine deswegen ist auch jedes Live-Set anders. Ausserdem kommen natürlich auch immer neue Tracks dazu, andere fallen weg, neue Edits und Ideen ergänzen das Set. Es ist so eine Art Riesen-Track-Arrangement was sich von Gig zu Gig verändert und immer weiter mutiert.

Wayan: Wir haben natürlich auch ein paar Stücke, die wir seit Jahren immer wieder spielen. Das sind die Tracks, die die Leute gerne von uns live hören wollen. Und wenn dann das Feedback der Leute kommt, die total darauf abgehen, dann war’s doch wert, auch mal wieder den etwas älteren Track auch zu spielen.

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* Exclusive News: ein Ausblick auf die nächsten Veröffentlichungen von Extrawelt:

Glitterbug – Far Far Light (Extrawelt Remix) on Notown Recordings / Dec 2014
Extrawelt – Breaking Bricks EP (w Ulrich Schnauss Remix) on Halo Cyan / Jan 2015
Juno Reactor – Final Frontier (Extrawelt Remix) on Metropolis / Mar 2015
Landslide – Wasteland (Extrawelt Remix) April/May 2015

 

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