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Published on octobre 17th, 2018 | by Romane

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BLNDR : « Le défi c’est d’arriver à garder une cohérence. »

– INTERVIEW – Aujourd’hui, c’est avec BLNDR que l’on échange. Le producteur français a su s’imposer en quelques années comme une référence dans le monde électronique. Ses productions pour des labels de qualité sont toujours très attendues car imprévisibles. Il y a peu, il a lancé le label Intervision (aux côtés de Paulie Jan, Panzer et DJ Varsovie)… une nouvelle aventure que l’on suit de près.


Delighted : Salut BLNDR ! Merci de nous accorder de ton temps, on est ravis de te poser quelques questions… D’ailleurs, pour nos lecteurs encore confus, comment se prononce ton nom de scène ? Peux-tu nous expliquer son origine ou bien laisses tu le mystère planer ?

BLNDR : Salut ! À la base BLNDR signifie ‘Blender’, c’est un nom que j’avais trouvé au lycée quand je faisais des instrus un peu trip-hop. J’ai voulu changer en route mais mon premier disque est arrivé très rapidement ! En général, je préfère laisser le suspens planer sur l’origine de mon nom et que chacun l’interprète comme il le souhaite haha.

D: Je me souviens avoir vu ton nom pour la première fois sur un flyer il y a déjà quelques années de ça, pour une soirée Container. Peux-tu nous parler de cette époque, de ce que représentait ce collectif, son histoire ?

BLNDR : ‘Container’ est un collectif que nous avons lancé en 2013 avec DJ Varsovie, Panzer et Illnurse. L’idée était de se faire jouer nous-même car la scene techno parisienne était déjà bien compacte à l’époque. Nous organisions nos soirées dans des squats puis dans des clubs ce qui nous a permis d’inviter des artistes tels que Regis, Headless Horseman, Kangding Ray etc. C’était un beau projet et c’est là où tout à commencé pour nous car personne n’avait eu la chance de jouer avant ça. On a commencé par jouer dans nos chambres et les apéros des copains mais Container nous a permis de faire nos premieres armes devant un vrai public. Nous avons décidé de clore ce chapitre il y a un an pour se consacrer à de nouveaux projets comme le lancement de notre label Intervision.

« Je n’ai jamais eu l’intention d’être cantonné à un style en particulier. »

En 2017, tu fondes le label Intervision avec DJ Varsovie, Paulie Jan et Panzer, c’est bien ça ? Peux-tu nous parler de ce projet ? Quelles sont vos intentions artistiques ?

BLNDR : L’objectif avec Intervision est le meme qu’avec Container dans le sens où nous cherchons principalement à être indépendant artistiquement – graphiquement comme musicalement. Nous n’avons pas de ligne artistique prédéfinie, après bien sûr que nous nous orientons sur des sonorités techno mais notre ambition est d’élargir notre domaine musical. Si un artiste rap ou pop nous plaît et colle à l’image du label, nous n’hésiterons pas à sortir un disque. Mais au final, tout comme Container, Intervision c’est avant tout une histoire de camaraderie.

D : Après notamment Hypnus ou Silent Season, c’est donc sur Intervision que sort ton prochain album, « Les Fantômes de la Côte ». Peux-tu nous le décrire en quatre mots ?

BLNDR : Quatre mots ? Ahahah. C’est peu pour décrire d’où vient ce disque mais je vais essayer de synthétiser ça :

Nostalgique, Contemplatif, Marin, Ambient.

"Les Fantômes de la Côte" - Intervision

D : Acronym, Paulie Jan et Bambounou y signent des interprétations. Pourquoi leur avoir confié la face B à eux plutôt qu’à d’autres ? (Ndlr : Paulie Jan intitule ici son remix « Stormy Retake » en clin d’oeil au remix signé par BLNDR « Smoky Retake » par ce dernier sur l’EP Fëa)

BLNDR : Ce qui était intéressant c’est que ces trois artistes viennent de milieux musicaux très différents. Paulie Jan est pour moi un artiste incroyable et peut-être un des plus doué sur la capitale actuellement. Quand il m’a proposé de faire un remix de Fading Smiles j’ai accepté immédiatement car j’ai vraiment senti le potentiel « emo » qu’il pouvait en tirer ahahah. Bambounou c’est un mec que j’écoute depuis bien longtemps – avant que je fasse de la techno pour tout vous dire. J’écoutais ses premieres prods sur Youngunz & Sound Pellegrino quand j’avais 16 ans et c’est vraiment un plaisir de l’avoir sur ce disque d’autant plus que le son qu’il produit aujourd’hui a bien évolué depuis 2010. Pour Acronym, c’est une grosse histoire d’amour haha. Je suis un grand fan depuis 2013 avec son premier EP sur Northern Electronics, c’est un artiste qui produit de plus en plus d’ambient ce qui se rapproche de ce que je fais également. Acronym a toujours été une inspiration majeure pour moi.

D : L’ambient semble occuper une place bien chère dans ton coeur. Comment t’es tu orienté vers ce style musical ? Arrives-tu à « jongler » facilement entre ça et d’autres genres, comme la techno par exemple ?

BLNDR : L’ambient j’en ai toujours fait mais je ne sortais tout simplement pas mes productions. Je les gardais pour moi et, un jour, j’ai décidé d’en envoyer à Ntogn le patron du label Hypnus. Il a apprécié et nous avons commencé a envisager la sortie d’un disque. Mais il faut savoir que je n’ai jamais eu l’intention d’être cantonné à un style en particulier. J’ai orienté mes productions vers un certain type de sonorités qui me tiennent à coeur mais si un jour j’ai envie de produire de la House ou de faire un set Italo Disco je le fais. Mes inspirations sont diverses et variées et je souhaite que ma musique le soit également. Le défi c’est d’arriver à garder une cohérence et que les auditeurs puissent suivre le cheminement créatif mais je pense que j’arrive plutôt bien à jongler entre plusieurs styles.

Tu as déjà un paquet de productions à ton actif. Si tu devais ne choisir qu’un seul disque, qui représente le mieux ton travail, lequel serait-ce ? Et bien-sûr, pourquoi ?

Je pense que je choisirai évidement mon album ‘L’Observatoire’ qui est sorti sur Hypnus cet été. C’est celui qui représente le mieux ma musique actuellement et qui me tient réellement à coeur. Après mon dernier EP ‘Les Fantômes de la côte’ qui est sorti lundi correspond vraiment à ce que je souhaite transmettre en ce moment et c’est mon premier disque sur mon propre label : Intervision. Un autre passage important dans mon parcours, le choix est difficile.

D : Si tu pouvais organiser la teuf de tes rêves, ce serait où et qui jouerait ? Tu peux aussi bien me dire Mozart que Aphex Twin, sur Mars comme dans un champ, libre à ton imagination !

BLNDR : Mmmm.. une teuf  ? Je pense que j’aimerais davantage organiser quelque chose qui se rapproche d’un festival. Avec des artistes pop, ambient, expérimental et de la bonne grosse techno en fin de soirée. J’inviterais les groupes Beach House, Air, Yves Tumor, Oneothrix Point Never, Mac Demarco et Muddy Monk. Pour la partie club : Objekt, Varg, Rrose.. Ça sonne un peu comme un gros bordel mais c’est ce que j’écoute en ce moment sur mon iPod. Après il y en a tellement qui me viennent en tête… On se perd facilement au jeu du line-up de rêve. Mais vu que vous avez soufflé l’idée, disons Aphex Twin pour clôturer le tout. Et pour le lieu : le bois de Vincennes – le terrain de jeu de mon enfance.


Se procurer Les Fantômes de la Côtes sur Intervision https://blndr.bandcamp.com/

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