Interview azf

Published on mars 7th, 2018 | by Romane

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AZF : « J’ai pas envie de faire de la musique à l’arrache. »

AZF, une DJ comme on en croise rarement. Une énergie qui ne s’invente pas qu’elle aime mettre au profit des causes qui lui tiennent à coeur. De passage derrière les platines de Concrete ce Samedi 10 Mars et avant la deuxième édition du festival Qui Embrouille Qui, elle nous a accordé de son temps… Et c’était franchement sympa !


Tu captures bien l’essence de la scène parisienne de ces dernières années. Mais d’ailleurs, es-tu toujours parisienne ? J’avais cru lire que tu étais expatriée à Berlin. Qu’en est-il ?

Hello! Alors non je suis rentrée depuis un moment déjà c’était à une époque où j’avais besoin de prendre de la distance avec Paname, me poser un peu. Je suis revenue pour la création de Qui Embrouille Qui l’année dernière.

T’en as pas marre qu’on dise que ce que tu joues est « sombre », ou « énervé » ? Tu réponds quoi à ceux qui disent que tu « joues de la techno de bonhomme » ?

Alors pour la première question, non j’en ai pas marre car c’est vrai qu’à la base j’ai un amour infini pour les musiques sombres et violentes. À force de jouer, ta musique évolue en vieillissant aussi donc je suis peut-être un peu plus énervée qu’avant et encore hahaha.

Qui Embrouille Qui est de retour en 2018. Bravo pour la première édition, c’était top ! Le projet prend de l’ampleur et se prolonge même d’une journée. Tu peux nous en dire plus sur l’intention derrière ce festival ?

Qui Embrouille Qui c’est la volonté de faire un festival qui mettrait en lumière des artistes français de toutes les musiques électroniques qui font vivre l’underground au quotidien. On essaye de garder un esprit punk à l’arrache et économiquement solidaire en plus. Y’a pas de tête d’affiche et on est tous payés pareil! C’est dresser un panorama de ce qui passe en ce moment dans la musique électronique en France qu’on ne voit pas forcément dans les festivals classiques.

DJ, DA, ancienne physio… Tu as beaucoup de cordes à ton arc ! Y’en a t’il que tu préfères ? D’autres aspects de la fête que tu aimerais explorer professionnellement, à court ou long terme ?

J’ai adoré tout faire! Avant de passer derrière les platines ça faisait déjà quasiment 10 ans que je bossais la nuit dans les clubs j’ai occupé tous les postes hahaha. J’ai toujours voulu avoir un club que je gererai avec mes potes, ça va se faire un jour, c’est la suite logique pour moi et ça à toujours été un objectif.

Et d’ailleurs, as-tu déjà songé à te lancer dans la production ?

« On essaye de garder un esprit punk à l’arrache. »

Pas pour le moment, oui j’y ai songé, j’en fais chez moi mais de sortir du son c’est pas d’actualité non. J’ai pris la voie du curating en plus de mixer, j’ai pas envie de faire de la musique à l’arrache. Je pense que DJ et producteur c’est pas la même passion et qu’il faut pas tout confondre. Quand j’en aurais envie si j’en ai envie je m’y consacrerai pleinement.

Tu fais partie de la communauté LGBTQ+, une communauté très active dans le milieu culturel. Comment ton combat pour la tolérance et l’éclectisme se mène-t-il au quotidien ? Et sur scène ?

Alors contrairement à d’autres figures LGBTQ+ qui sont de véritables activistes, j’essaye de déconstruire le genre partout tout le temps mais je ne suis pas dans une association etc. J’essaye d’éduquer les gens au max surtout que j’ai un public majoritairement de mec hétéro. Ça se traduit sur scène que j’arrête la musique quand je vois un mec dépasser les limites avec une fille sur un dancefloor par exemple ça m’est arrivé plusieurs fois où quand un mec commence à être hyper agressif et à devenir violent sur le dancefloor pareil j’arrête la musique. J’en parle beaucoup dans mes interviews. Et il y a cette autre partie, avec QEQ où on essaye de réaliser cette utopie de la fête libre, l’après combat communautaire et essayer de penser le vivre ensemble dans l’espace du club sans qu’aucune minorité ne soit écrasée. C’est pas facile mais on y travaille.

Pour finir et si ce n’est pas trop indiscret… Si tu pouvais revivre une soirée de ta vie, laquelle serait-ce et pourquoi ?

La première fois que je suis allée au Berghain avec mon pote Azamat B c’était un gros délire… J’avais l’impression d’arriver dans un temple, quand on parle d’utopie réalisée c’est un bon exemple! Mais en vrai mes plus beaux souvenirs de teuf j’en ai un par semaine sinon j’aurais arrêté depuis longtemps ce que je fais!

Merci AZF ! On a hâte de te voir à Concrete !


AZF sur Facebook : https://www.facebook.com/djazf/
Qui Embrouille Qui sur Facebook : https://www.facebook.com/quiembrouillequi/
L’event Concrete sur Facebook : https://www.facebook.com/events/531873413858080/

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