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Published on mai 11th, 2015 | by Piotr

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À la rencontre de Baldwin Records

Mi-mai, on a les yeux tournés vers Lyon et sa folle semaine électronique. À quelques jours des Nuits Sonores, on a fait la connaissance de Baldwin, jeune label lyonnais. A l’image d’une ville sans fard, acquise depuis des années aux musiques actuelles, Baldwin avance à pas feutrés. Rencontre.

Une passion, ça rassemble de sacrées bandes de copains. Et une bande de copains fondus de musique, ça donne parfois un label. Baldwin Records est le fruit de cette alchimie là, comme beaucoup d’autres. Afin d’en savoir plus sur un label familial qui fait parler de lui à Lyon, on a retrouvé Mitch, patron de la maison Baldwin, et les « Cheaper », Baptiste et Maxime, directeurs artistiques du label.

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Les Cheaper Shepherd formés par Maxime et Baptiste (Photo: Olivier Bizard – Forecast Label)

Lyon, première capitale des musiques électroniques

« Le club, c’est le service militaire de la musique ! », s’emporte déjà Mitch. Une mixité sociale autour d’une passion, un je m’en fous d’où tu viens, mais on va danser ensemble. A 15 ans, fasciné par la nuit, Mitch a déjà l’habitude de passer ses nuits dehors. Seule exigence de ses parents : le patron de la boîte devait le ramener à la fermeture du club. Une anecdote qui fait marrer la bande. Et Mitch de poursuivre : « un club, ça doit être ton salon avec la musique plus fort ».

L’école du club pour Mitch, celle du conservatoire pour Baptiste et Maxime. Les Cheaper produisent en analogique, et leur colloc’ parisienne déborde d’une vingtaine de machines. Il faut parfois soulever un Korg 770, décaler un Juno 106 et sauter au-dessus d’un Roland JX pour aller faire son café… Du coup, le duo monte son studio dans le sud de Paris. Pourtant, l’identité de Baldwin reste lyonnaise. Et c’est chez les gones que le label est créé en février 2012.

« La mairie de Lyon a vite compris l’importance des musiques électroniques. Elle en joue, et elle permet aux clubs de se développer », reconnaît Mitch. En effet, il faut voir l’effervescence des bords de Saône pendant les Nuits Sonores : toute la ville est impliquée dans le festival, et la mairie laisse la place aux open-airs courus par les gamins à l’arrivée des beaux jours.

« La mairie de Lyon a vite compris l’importance des musiques électroniques »

Dès 2013, Baldwin lance sa première soirée au DV1, un des plus vieux clubs de musiques électroniques dans la région lyonnaise. Au pied des pentes de la Croix Rousse, le club est le « premier allié » de Baldwin. « Ils nous ont toujours soutenus », rappelle Mitch. Depuis lors, Baldwin lance sa résidence au « Divi », invitant une tête d’affiche aux côtés de ses artistes : les Cheaper bien sûr, affiliés à une « house old school ». Mais aussi Mondowski, le Bordelais qui a ses habitudes au I-Boat. Musicien d’origine, passé par le rock n’roll, il distille une techno langoureuse, dans l’esprit Correspondant, le label de Jennifer Cardini.

On reconnaît aussi Peterbär à ses « vocales dure sur un rythme sweet », et on ne passe plus à côté des Dudmode. Ces derniers sont les fers de lance de Baldwin. Omniprésent dans la nuit lyonnaise, le duo sera au Pavillon Pioneer des Nuits Sonores de 19h à 21h ce jeudi, avant d’animer une des soirées off du festival au DV1 le lendemain. « A Lyon, on ne produira pas hors du DV1 », rappelle le crew. Esprit de famille. « De toute manière, tout le monde se connaît à Lyon. Tu ne produis pas si tu ne connais pas les bosses des structures. »

Lyon, Paris… New-York

« Une soirée finance un EP. C’est l’idée. La production doit financer l’édition. » Pour l’heure, Baldwin ne s’est pas lancé dans la course aux vinyles et sort ses EPs en digital. « On a crée Baldwin pour donner des moyens à un artiste qu’on repère, précise Maxime. On fixe un cadre, on impose une deadline. » C’est en sortant qu’ils dénichent leurs artistes, et l’équipe de Baldwin privilégie l’humain aux échanges de mails. « Chez nous, c’est pas juste tu m’envoies un track et je le sors. Avant tout ça il y a le contact. Il faut s’apprécier pour produire ensemble. » Baldwin n’épouse aucun genre et ratisse large : techno, dub, electro, house…

Pour preuve, les Cheaper, influencés par le hip-hop, sont partis à New York pour mêler leurs machines aux voix du rappeur new-yorkais Cans. La house française se confronte aux rappeurs du quartier de Poughkeepsie. Une escapade qui résume l’esprit Baldwin, mais aussi la nuit lyonnaise : une belle famille qui prend des risques.

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"ich bin meine Maschine"



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