House R-1695-1368958491-8494.jpeg

Published on mars 6th, 2018 | by Mehdi

0

UR-049 : Symbole de l’affrontement Major / Underground

 THROWBACK – Nous sommes en 1999, quelques années après son arrivée auprès de Jeff Mills, Robert Hood et Darwin Hall, les mythiques fondateurs de Underground Resistance, Rolando Rocha aka DJ Rolando aka – donc – The Aztec Mystic sort son premier maxi avec auprès de lui Gerald Mitchell et Mad Mike à la production. Cet EP va devenir un symbole de ce qu’on appelle l’« underground », de la musique électronique et de son éternelle bataille contre les majors.

« Cet EP est un questionnement »

Tradition aztèque et références Detroit Techno

En sortant ce premier opus, Rocha veut faire le pont entre sa terre d’accueil et ses origines mexicaines et – in extenso – aztèques. Dans ce Knights of The Jaguar, orchestré autour de deux titres, Jaguar et Ascension, on retrouve les deux idées majeures de sa musique : reprendre les mélodies et rythmes de la musique aztèque et de la Norteña – musique traditionnelle du nord du Mexique, où l’on semble retrouver quelques bases de la polka et de la cumbia – et dans un autre temps le groove de la techno toute jeune de ses dix premières années.

De l’origine d’une idée

 Cet EP est un questionnement. Comment réussir à ramener à lui les racines de sa culture, comment en dépeindre toute sa nature mystique ? Qu’est ce qui fera que ces morceaux sonneront aux oreilles comme d’antiques entités magiques, tout en étant gravé dans un morceau de plastique ?

L’anecdote : The Aztec Mystic viendrait en fait de petits restaurants mexicains où des fresques antiques faisaient figure de décorations.

Tandis que Ascension ne s’habillait seulement que d’un pied droit couplé à une ascension techno assez traditionnelle : charleys allant et venant, claps parfois venant rythmer des phases un peu longues.

Jaguar se montrait moins véloce mais dans la ligne directe de ce que Rolando voulait transmettre : un pont entre Détroit et le Mexique. Amenant une mélodie en envolée comme dans la Norteña, reprenant les rythmes groovy des maracas aztèques, le morceau est un hymne, une ode à sa culture.

Le thème repris toute la chanson sans discontinue nous permet un accès direct à l’essence même du morceau. On se noie, on s’y enfonce six minutes durant. D’ailleurs, le public de l’époque ne mettra que peu de temps avant de faire de ce maxi un des plus plébiscités ainsi qu’un des plus achetés de tout le catalogue Underground Resistance. C’est d’ailleurs ce même engouement qui lancera un des grands moments de la lutte « underground / major ».

UR049 : Le récit d’un combat d’idées

Tandis que la vraie problématique de Rocha était de savoir où (et comment) le vinyle allait capter tout l’immatériel des racines mystiques et magiques de la musique qu’il venait de composer, outre-atlantique la chose fut autre. Jaguar et par extension ce fameux Opus 49, avait fait son chemin : Paul Oakenfold, Carl Cox mais aussi les stars de Underground Resistance elles mêmes avaient joué déjà maintes fois le titre, le public en raffolait, et tout aurait pu s’arrêter là, un énorme titre, un hit.

Mais c’est en Allemagne que Sony et BMG préparaient tranquillement leur version du fameux morceau, sans avoir reçu l’aval de Mad Mike, sans avoir même attendu une license d’exploitation pour l’Europe (ce qui était assez commun à l’époque, les disques ne traversaient pas les continents à la même vitesse qu’aujourd’hui).

Alertés, des centaines de fans à travers des forums et des échanges de mails commencent à appeler et à noyer les boîtes mail à tel point que Sony et BMG se retirent de la course effrénée dans laquelle ils s’étaient jetés pour pouvoir toucher un peu « au magot ».

Dans un entretien pour  Electrochocs – de Laurent Garnier et David Brun Lambert – Mad Mike avouait lui même sa stupeur quand, ayant ouïe l’agissement de Sony, il s’est rendu compte que ceux-ci au delà du plagiat avait même décidé de supprimer le nom de DJ Rolando… Et donc d’une certaine manière faire oublier le message initial.

De plus, il avait même été prévu de mettre une pilule d’ecstasy sur la pochette du-dit vinyle de cette cover. Nous étions donc très loin de l’esprit de partage et d’échange entre les cultures.

À voir ci-dessus : la dite version « européo-compatible ».

Tags: , , ,


About the Author



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Back to Top ↑