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Published on juin 16th, 2014 | by Victorien

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Weather Festival – Zone de Transit

Bon dernier, Delighted vous propose aujourd’hui son report du Weather Festival. Un report pour lequel conviendrait mieux le nom de débriefing, d’une part, car il est pratiquement impossible de vraiment vous raconter notre soirée sans finir par choquer quelqu’un et d’autre part, car un main event de 22h dans un aéroport, c’est unique pour chacun et après une semaine d’ébullition sur le web, on a bien compris qu’on avait tous kiffé notre moment (ceci est un euphémisme). Inutile donc de vous dire combien cette journée a été agréable, passons « rapidement » sur l’expérience du festival pour nous concentrer sur les enjeux et les conséquences d’un tel événement.

L’année dernière, les attentes étaient présentes, le teasing était bien géré et on s’attendait tous à passer l’une des meilleures teufs de notre vie. Et elle l’aura été, mais l’exigence génétique des Parisiens (mais aussi de beaucoup de non-Parisiens), couplé du fait qu’une première pour des organisateurs est toujours un casse-tête en terme de logistique avait laissé un goût amer dans la gorge de beaucoup de festivaliers. Car même si donner la possibilité de faire des glissades en pleine rave était une super bonne idée, le microclimat et le manque de confort altéraient notre capacité à apprécier le moment complètement. Mais comme l’a si bien dit l’un des organisateurs, « c’était quand même une putain de teuf » et c’était l’essentiel, premier essai transformé. Cette année, le teasing a de nouveau démontré que l’équipe derrière le festival n’est pas seulement une bande de businessmen. Thématique forte, on s’est laissé emporté dans le délire ufologue via leurs spots « breaking news » qui étaient, et cela vient d’un ex-étudiant en cinéma, plutôt bien faits. Pas du tout cheap, l’univers était très cohérent et surtout très alléchant. Une expatriée vivant en France en parlait avec son mec à côté de moi au téléphone, en voici un extrait : « It’s called Weather Festival. Weather, how cool is that? And the website is really nice, they have created a story about UFO, and it’s in an airport, seems incredible ». Première étape réussie pour l’équipe Surprize qui après de longs mois d’attente nous ouvrait enfin ses portes une seconde fois.

(Petite précision, l’article est « intéractif », en cliquant sur du texte entouré par les symboles   °      ° , vous accéderez à des vidéos prisent lors du festival et à des playlists. De quoi vous replonger dans l’ambiance, ou vous mordre les doigts si vous n’étiez pas là. Vous retrouverez également une galerie photo tout en bas.)

Début des hostilités – L’institut du Monde Arabe

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« L’Institut du Monde Arabe est la première institution qui nous ouvre ses portes et, plus généralement, qui ouvre ses portes à la musique électronique. On a lutté mais personne ne voulait de nous. C’est déjà un signe. »

Issu d’une discussion entre Jack Lang et Brice Coudert (respectivement directeur de l’Institut et leader médiatique de l’équipe Surprize / Concrete / Weather) cette phrase résume bien ce qu’est le Weather Festival cette année. Un premier pied fatidique pour les réactionnaires et une petite victoire pour le mouvement musical. On a enfin pu mettre le nom de °Moritz Von Oswald Trio° sur une affiche dans le métro et faire un peu de concurrence à Starfloor qui nous pollue les yeux chaque année. C’est niqué pour tous ceux qui s’opposaient à cela simplement par préjugés. Faites de la place, on s’installe sur vos espaces publicitaires et on se réserve les lieux les plus cools de la capitale. C’est donc avec un large sentiment conquérant que j’arrive sur le parvis pour contempler ce millier de rosaces éclairées par un coucher de soleil. Au 9e étage, la hype est contentée avec son espace privé où elle peut ignorer le show qu’elle a accepté dans ses murs. Qu’importe, en bas, entourés par les wagons de l’Orient Express, les lives s’enchainent et ne se ressemblent pas. Il est tôt, difficile de prendre ses marques. Pour la plupart des gens, c’est une nouvelle configuration, chacun est un peu dans la retenue et l’on désespère quelque peu d’avoir un choix si réduit d’un point de vue culinaire. Mais c’est une introduction et la programmation (un grand bravo à °Rouge Mécanique°) ainsi que le cadre suffisent à enchanter les 3 500 personnes s’étant déplacées pour l’occasion.

Les plus téméraires (ou inconscients) d’entre eux auront profité de la belle soirée Weather Off qu’accueillait la barge du quai de la Rapée où le trio Appollonia était invité pour toute la nuit. Le reste tout comme moi, après une belle performance du crew °Underground Resistance°, nous sommes rentrés faire le plein de batterie en préparation de cette seconde journée qui s’annonçait déjà comme un moment hors du temps.

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Le débarquement – Parachutage en zone de transit

Le jour J, on arrive en navette bondée sous un soleil de plomb. Virages serrés, brouhaha et effluves d’alcool, on débarque comme des rois juste devant la porte de derrière. Le moins qu’on puisse dire c’est que les gens sont motivés, pas de queue à l’entrée, ils n’ont même pas le temps de comprendre ce qu’il leur arrive. Les blagues fusent (« after dans la fusée », « vers l’infini et l’au-delà »), la thématique du décollage est omniprésente, le choix du lieu est parfait. « Organisation Time Warp » est ce qu’on entend aussi. En clair, pas une once de file d’attente. Par contre qu’est-ce qu’on marche… On fait le tour des environs de manière à se situer un peu dans l’espace, on jauge chaque scène et l’on finit par établir notre premier camp de base côté Été. Le soleil est encore haut dans le ciel, c’est °Motor City Drum Ensemble° qui se charge de notre warm up. Puis, le live de °Soundstream° débute et l’on bénit cette organisation thématique des scènes. La scénographie est vraiment recherchée, ambiance tropicale et végétale ; de la scène Été se dégage un air de vacances. La programmation est quant à elle, à l’image du festival, exigeante et cohérente. Il n’y a aucun artiste que l’on rechigne à écouter. Sans vouloir être médisant, si l’on prend l’exemple de l’Awakening Festival, étant donnée que l’on doit se taper un artiste comme Gesaffelstein entre Nina Kraviz et Len Faki (appliquez ce genre de situation à la totalité des scènes), on finit par passer son temps à éviter des scènes plutôt qu’à voguer au grès des sonorités. Aujourd’hui, je n’ai préparé aucun programme, seulement du feeling, on verra bien. C’est ensuite au tour de °Floating Point° de nous conforter dans notre choix de scène, certainement l’un des artistes les moins médiatisés du festival, et pourtant l’un de ceux qui a le plus à offrir.

°(En plus des vidéos, on s’est dit qu’on pouvait faire nos propres playlists pour nos deux scènes préférées, voici celle de l’Été)°

Direction Ricardo Villalobos sur la scène Printemps où là aussi la scénographie a été bien pensée. Le Vjing est de qualité et de nouveau, on nous a placé un bar et des toilettes juste à côté. Cette année, rien à dire, le confort est réellement au rendez-vous. Les jambes plus que chaudes, il est temps de tester le chill out. L’outdoor a déjà été expérimenté lors de notre premier passage au °Camion Bazar°, il est maintenant temps qu’on s’installe donc dans l’indoor et je m’allonge les yeux rivés sur le plafond. (Je ne vais même pas tenter de me lancer sur ce véhicule, vu la claque qu’il nous a assenée. En fait, il faudrait faire un report spécial pour eux, Romain Play et sa bande, well done again. Par contre, on a un °Top 3 ici°)

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Le son des kicks et des percussions s’entremêle avec les discussions dans une ambiance psychédélique et enfantine. Allongé ou assis, on se détend et l’on expérimente une fois de plus la capacité de Surprize à apprendre de ses erreurs et à innover. Après le stand de massage, les petites échoppes, les foodtrucks et les fruits (les bretzels c’était de trop les mecs, on a cramé que c’était pour donner soif), voici les babyfoots. C’est vraiment le must et pendant un moment, je ne suis plus dans un festival, mais revenu à l’école primaire le temps d’une partie. Bon, le sol était penché du coup c’était pas vraiment équitable, mais merde, quelle bonne idée !

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Maintenant direction la scène Automne, le festival bat son plein et à la nuit tombée, il n’a pas vraiment perdu de son enthousiasme, au contraire. L’ingénieur du son a dû se casser les dents à sonoriser ce hangar à avions, et malgré tous ses efforts, les basses restent un peu trop présentes. Mais ce n’est pas assez pour faire fuir les milliers de danseurs massés devant cette « grotte » qui fait office d’écran de projection pour un mapping d’envergure. Niveau lights, on est servi, faisant partie des gens qui accordent énormément d’importance à la scénographie et aux lumières, je peux vous dire qu’il y a eu du progrès, peut-être un peu répétitives en salle Automne, mais très efficaces. 23h00, un des moments les plus attendus, et pour cause, °Ben Klock°, l’artiste techno aussi intransigeant que groovy entame son set.

Même le soleil persistait dans les ténèbres du hangar, heureux d’être avec nous. Même à l’intérieur, l’esprit de la journée persistait. On s’octroie une pause durant son set pour reprendre nos esprits, scène Été, devant °Moodymann°. Puis c’est au tour de °DJ Deep° de mettre de nouveau nos jambes à l’épreuve. L’ambassadeur français le plus mature de la scène Automne prouve une fois de plus qu’il a sa place parmi les plus grands, même sans être producteur. Et il nous oblige de nouveau à prendre une pause, éreinté par les hats et claps tonitruants. Mon acolyte quant à lui se délecte de la fin de °Chris Liebing° en salle Hiver ou règne une ambiance alternative. La foule est en transe, certainement un des publics les plus en phase avec les artistes. La pause fut courte, j’arrive pour le début du set de °Len Faki°; magnifique, balance parfaite entre puissance et mélodie. À peine rétabli du choc, c’est l’heure de l’entracte avec un numéro de funambule improvisé, de quoi faire entrer le festival dans les annales. Les DJ sont eux aussi en zone de transit le temps d’un moment.

°Sélection Automne pour l’entracte par ici°

Dix mille personnes sifflent l’homme-araignée tout en applaudissant les équipes de sécurité quand soudain le kick se fait entendre. Pas d’introduction, °Dettmann° a bien assez attendu et pendant que sur le tarmac Seth Troxler puis Derrick May s’impose en tant que représentants de la race humaine, dans la salle Automne, la foule est en délire (d’ailleurs on cherche toujours cette satanée track jouée par °Marcel°, si quelqu’un peut nous filer un coup de main…). Après deux heures devant le maître, si populaire et si exigent, je me dirige vers les toilettes quand °Marionette de Matthew Johnson° me fait rebrousser chemin en courant.

On en sort les yeux fatigués, on profite assis de la fin de Derrick May en se nourrissant de la lumière solaire, 10h00 sonne, les applaudissements puis le départ.

Fin des hostilités

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Weather – Le temps du changement ?

Concrete avait concrétisé l’éveil de la scène parisienne. Avec leurs « all day long parties », Surprize avait remis Paris sur la carte (d’un point de vue médiatico-techno). Puis c’est le Weather Festival l’année dernière qui créait l’évènement en proposant le premier festival techno du grand Paris, une nouvelle étape pour le mouvement musical parisien à qui l’on donnait enfin les moyens de se développer. Comme je l’ai dit plus haut, les premiers pas sont les plus compliqués, une fois la porte ouverte, il n’y a plus qu’à s’engouffrer. Mais aujourd’hui, face à un évènement d’une telle ampleur, une question se pose, une question qui commence par une affirmation. Non, ce n’est pas le Weather qui a créé l’évènement, mais bien vous les festivaliers venus de toute la France et d’Europe. Votre implication et votre soif de liberté ont créé cette ambiance particulière qui subsiste encore dans nos mémoires (et du même coup dans le °Zap de Spi0n° avec encore et toujours le Camion Bazar), L’euphorie de la première fois, l’émerveillement de la découverte. Car pour la première fois, nous nous sommes retrouvés tous ensemble et pas sous une pluie constituée de notre propre sueur, mais dans un environnement idyllique confectionné avec soin par des organisateurs qui partagent les mêmes principes fondamentaux que nous. Un rendez-vous qui, semble-t-il, aura dépassé le simple statut de festival ; un groupe de 5 500 personnes s’est formé pour échanger principalement autour de la musique (°Weather Music Festival°)… des initiatives sont nées, et une communauté s’est formée.

La question évoquée plus haut arrive, car les temps changent apparemment, mais comment ? Nous avons vu Concrete devenir de moins en moins accueillant, avec de moins en moins de choix (fini le temps ou il y avait trois floors disponibles) mais aussi une uniformisation des line-up, la plupart des artistes du Weather sont venus à Paris toute l’année durant. Et je ne vous jette pas la pierre, loin de là, comment ramener 25 000 personnes au Bourget sans booker toutes les têtes d’affiche ? Impossible. Mais vous avez prouvé qu’il n’y avait pas que l’aspect pécuniaire qui motivait votre démarche (Mini Weather / Weather Génération, etc…) et aujourd’hui, Paris est derrière vous en espérant de tout son cœur revivre un évènement à la hauteur de ce dernier. On compte sur vous pour préserver cela, pour rester intègres à vous-mêmes et à cette musique que vous chérissez tant. Paris ne veut pas d’un Time Warp ou d’un Sonar. Paris veut un festival d’une nouvelle génération, durable, social, tolérant, accessible et ouvert. Finalement, un festival cohérent avec les valeurs véhiculées par la musique qu’il promeut, le festival du futur. Le potentiel est là, c’est à vous de jouer, rappelez-vous simplement que vous avez une sacrée responsabilité. (Et si vous êtes vraiment certains de ne jamais vous fourvoyer, bah merci encore, et à l’année prochaine !)

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