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Published on juillet 12th, 2014 | by Piotr

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Sous les meurtrières de Penfeld : souvenirs d’Astropolis (2/2)

« Malgré un professionnalisme indéniable, ici on a su conserver cette nature abrasive qui faisait, hier encore, tout l’intérêt des rassemblements techno sauvages. » Laurent Garnier

Dimanche matin, alors que le bois de Keroual se vidait, chacun gardait en tête les images de sa nuit au Manoir : le set aérien de Jeff Mills, les pogos sous le chapiteau de la scène Mekanik, les hurlements de Manu le Malin – un loup lâché dans le bois de Keroual – , ou bien sûr, ce closing set à l’Astrofloor entre Laurent Garnier et Manu. On ne pouvait pas s’arrêter là, et on songeait que notre Astro ne touchait pas encore à sa fin. Il restait à vivre une nuit inédite au Fort de Penfeld, la grande nouveauté de cette vingtième édition. De la bouche de certains raveurs, la nuit au Fort fut peut-être la plus belle du festival. De crépuscule en crépuscule, du coucher du soleil jusqu’à son lever, le Fort vibrait au rythme d’une techno « made in France », symptomatique là encore de l’esprit « rave » insufflé par les organisateurs d’Astropolis.

En cinq actes, voici le récit de la dernière soirée du festival Astropolis. Nous étions le dimanche 6 juillet. Voilé, le soleil éclairait enfin la rade de Brest. Les vagues projetaient les derniers embruns sonores du vingtième rendez-vous électronique du grand Ouest.

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 – Un lieu : Le Fort de Penfeld

 Toujours à l’affût de lieux surprenants pour faire la fête, Astropolis ouvrait les portes du Fort de Penfeld au public pour une journée de concerts le dimanche 19 mai, fête de la Bretagne. Le 6 juillet, la Bretagne faisait toujours la fête dans le ventre du Fort, à quelques kilomètres seulement du Manoir de Keroual. Bâti à la fin du XVIIIe siècle sur un plateau, Penfeld devait être « la clef de Brest », en protégeant l’accès au lit de la rivière Penfeld et ainsi, l’Arsenal de Brest. Dimanche au coucher du soleil, on découvrait les vestiges de Penfeld et les voûtes en pierre de taille qui dominaient la scène. Heureusement, on avait pris l’apéritif sur le parking. Car avant la nuit tombée, on était déjà entraînés dans le tempo infernal du trio Mödern.

 – Les artistes : Mödern

Mödern, c’est une bande de copains formée sur les bancs de l’école Skryptöm, signée aussi chez Bedrock. Et l’amitié, la complicité, ça se ressent sur scène. Avec un matériel à faire rougir Barker & Baumecker (Ostgut Ton), Electric Rescue, Traumer et Maxime Dangles s’éclataient sous les meurtrières de Penfeld. Une techno cassante de club, parfaitement mêlée à des sons plus « rave ». Le rythme imposé par Mödern révélait l’ambiance qu’on retrouve aux résidences Skryptöm du Rex Club et aux soirées Play : pas de sons « chilled », pas d’amuse-gueules, on rentrait directement dans le vif du sujet. Le projet Mödern est récent, mais il a un monde devant lui. En solo, ces trois-là produisent énormément. Sans aucun doute, ils représentent la techno française actuelle. Elle s’est écrasée sur Brest par vagues immenses.

 – Un son : The Doors – Riders on the Storm

Concentré, le regard fixé sur ses platines, Laurent Garnier sait pourtant communier avec la foule. Encore une fois, il a enchanté le public breton. Et le son que beaucoup garderont à l’esprit après Penfeld n’est pas un des hymnes techno de Laurent. Quelle joie d’entendre les Doors entre deux volées de basses vers deux heures du matin. Le bruit d’un orage, une mélodie qui se dévoile, un relâchement dans le rythme du set et enfin la voix de Jim Morrison : « An actor out alone, Riders on the storm… » Superbe, du pain béni. Le son parfait pour finir son festival. Et la preuve par l’exemple que Laurent Garnier, bientôt cinquantenaire, n’a pas fini de nous surprendre.

– Des festivaliers : ça envoie sur le parking de Penfeld

Pas besoin de rentrer dans le Fort pour quelques pas de danse : sur le parking de Penfeld, des festivaliers avaient déposé deux enceintes sous leur tente maréchal. En début de soirée, on entendait Kölsch, Pan-Pot ou Dusty Kid à travers les voitures : l’apéro sonore parfait avant d’aller voir Mödern. Nos copains se sont installés pour toute la nuit, et le monde s’agglutinaient autour des enceintes. Au matin, l’ambiance avait un peu changé. Transe et hard-techno, on dansait même en caleçon sous la tente. Et des dizaines de festivaliers vinrent se dandiner après la performance de Laurent Garnier. Certains n’auront pas vu le Fort et se seront arrêtés devant la forteresse. Leur musique, c’était le pont-levis parfait entre le parking et le Fort…

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– Une image : Madben wants to rave on

Quelques jours avant le début du festival, Madben nous régalait d’un set bien ficelé en hommage aux vingt ans d’Astropolis : une heure pour redécouvrir les artistes qui ont écrit l’histoire du festival. Son live était attendu à Penfeld – « Madben ! Madben ! » que ça gueulait – , et il offrit une belle transition entre le trio Mödern et les cinq heures de scène de Laurent Garnier. Pour clore un live vivant et envolé, Madben prit le micro afin de gratifier Penfeld de son fameux « We want to rave on! ». Pas de doute, en deux ans, ce titre est devenu le refrain préféré d’Astropolis.

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– Une rumeur : le retour de Jeff Mills

En festival, dans l’euphorie, les rumeurs vont bon train. À Penfeld, c’est le retour de Jeff Mills qui sifflaient dans nos oreilles. « Jeff Mills serait parti de Brest en voiture en direction du Fort de Penfeld. Il clôturerait la soirée à la suite de Laurent Garnier. » Que dalle… Pas de Jeff Mills à l’horizon. On s’est contenté de notre Laurent national.

Les photos sont créditées : Alban Gendrot & Maxime Chermat

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