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Published on février 6th, 2014 | by Victorien

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Jeff Mills – Time Tunnel #3

« De tous les arts, la musique est sans doute celui qui a la plus grande capacité d’émouvoir, l’émotion qu’elle suscite pouvant aller jusqu’au bouleversement »

L’histoire de la musique, et par extension l’histoire de la musique électronique est marquée par une relation particulière à la transe et l’extase. La répétition des sons, des rythmes, l’idée d’une musique qui affecte directement les sens découle des anciens rites et processions dont l’objectif était la transe, la communion avec les esprits et le divin. La musique d’aujourd’hui constitue l’héritage de ces pratiques, les communions ont aujourd’hui lieu dans des hangars ou des clubs, mais les sensations sous toujours les mêmes.TT_JEFF_MILLS_PARIS_FINAL

Depuis quelques années, Jeff Mills multiplie les projets artistiques qui sortent de l’ordinaire dont le but est de toujours présenter au public une œuvre aux antipodes d’une soirée clubbing conventionnelle. Le représentant de la seconde vague de Detroit favorise souvent de nouvelles approches à la musique électronique, on l’a vu lors de sa collaboration avec l’orchestre philharmonique de Montpellier, mais aussi dimanche lors de l’avant première du film « Man of Tomorrow » qui se veut le portrait cinéma de la musique de Jeff Mills. Son univers artistique ne se cantonne plus à la musique et touche de plus en plus le cinéma et l’art contemporain. Pour sa résidence parisienne Time Tunnel, le producteur choisit un concept qui se veut rétro et futuriste en même temps, un voyage temporel mais pas toujours chronologique où le génie de Jeff Mills tente de raconter l’histoire de la Dance Music dans l’objectif d’en déceler l’avenir. Une sorte de retour vers le futur de la musique électronique.

Séduit par le concept et ayant raté les deux premières éditions, j’ai fait en sorte d’être assez tôt devant la scène. Arrivée devant la machine vers 1h15, déjà du monde. Tout à fait normal, les cinquante premiers arrivés ont eu droit à un Vinyle, ca fait toujours plaisir. A l’intérieur, une bonne communauté de danseurs se réunit devant un Jeff Mills concentré sur ses nombreuses machines. Je me ressource au bar histoire d’oublier un trajet difficile et là, première surprise : résonnent dans mes oreilles des notes que je n’aurai jamais pensé écouter en club, le mythique « Robots » de Kraftwerk enflamme la Machine.

« The Wizard » nous transporte dans son monde et annonce la couleur pour une soirée riche en sonorités venues de l’espace. Avec ce track c’est toute une époque qu’il tente de cerner pour nous en présenter l’essentiel : les robots et les machines sont à la conquête de la musique pour y ouvrir de nouvelles portes et y planter les germes de ce qui deviendra la musique électronique aujourd’hui, un monde vaste et riche de sa diversité.

Après je vous avoue ne pas avoir trop suivi le déroulement exact des événements. L’ambiance était bien cool, Jeff, dos à la scène, voyageait dans le temps et l’espace comme à son habitude, une soirée réussie pour le sorcier.

Après deux heures de marche, agrémentée d’un bon quart d’heure Count Basie (Un chanteur de jazz des années 30), le son des violons annoncent un nouveau saut temporel. Et hop, on passe à « Casa« , une composition de Mills pour Purpose Maker.

C’est la partie Alpha Centauri, voilà comment il la présente : « Utilisons notre imagination et réfléchissons à quoi pourrait ressembler une planète similaire à la Terre dans une autre galaxie. Quel type de sons produiraient les espèces vivantes indigènes ? Avec deux soleils pour nous éclairer en permanence, en quel type de curieuse espèce pourrions-nous évoluer ? ». Autant vous dire qu’entre Joey Beltram – « Energy Flash » – et Jeff Mills – « The Bells« , cette heure de techno aura été à la hauteur du talent de Mills.

Mais l’apothéose vient plus tard après un nouveau passage en vitesse lumière (ça c’est pour bien vous ancrer dans le concept et même si le moment de la vidéo ne correspond pas, imaginez vous. 5 heures du matin, « Outlander » de Vamp encore dans les oreilles et là, grosse transition)

Une heure après c’est la fermeture, une clope, un bon métro bien éclairé, des images et des flash plein la tête, j’en sors euphorique.
Avec du recul, cette soirée aura été l’occasion de vivre un spectacle bien différent de ce qu’on peut voir normalement en boîte. Ce n’est certes pas la musique sur laquelle j’ai le plus dansé pendant une sortie, mais la démarche de l’artiste se voulait toute autre et son objectif est atteint, puisque j’ai pu ressentir de nouvelles émotions. Je respectais déjà beaucoup Jeff Mills pour l’ensemble de son œuvre, après cette prestation je sais que la Techno du futur portera profondément son empreinte et qu’il continuera à inspirer plusieurs générations de producteurs.

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