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Published on juillet 15th, 2015 | by Charles

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De retour d’Astro, la tête pleine d’étoiles

Pour la 21e édition du Festival Astropolis il y a dix jours, la rédaction de Delighted s’est rendue à Brest. Parmi les différents rendez-vous que propose Astropolis entre le 3 et le 5 juillet, nous vous rapportons un bref aperçu de deux d’entre eux : l’Astroclub le vendredi soir et le Manoir de Keroual le samedi soir.


L’ASTROCLUB:

Les douze coups de minuit ont été sonnés par Mioshe. Mioshe c’est un jeune artiste local, comme Astro sait en promouvoir chaque année. Derrière sa tignasse frisée se cache un perfectionniste certain, comme en a témoigné son warm-up. Rapidement le club (La Suite) se remplit. La température n’en finit pas de monter. Heureusement la ruelle dans laquelle se trouve La Suite est close sur une centaine de mètre, ce qui nous laisse la possibilité d’entrer dans le club et de sortir prendre l’air à notre guise.

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Dans l’Astroclub ébouillanté, les t-shirts se font déchirés les uns après les autres

John Talabot n’a pas encore pris les commandes que la piste de danse est déjà saturée de festivaliers. Tous les âges et tous les styles se côtoient. À l’extérieur, on discute, on rigole, on s’assoit en groupe. Un stand de crêpes (Breizh en force) permet de casser la croute tout au long de la nuit. Le peak time de la soirée c’est à trois heures trente qu’il a lieu, lorsque Recondite commence son live. Le public est bouillant. J’entends un « il est chaud le chauve ». Recondite nous offre une performance à la hauteur de nos attentes. La première place du classement Resident Advisor pour les live 2014 est amplement méritée, et si ses prestations sont toujours aussi époustouflantes que celle-là, il ne devrait pas avoir de mal à conserver son « titre ».

« je me garde toujours 20 balles pour les auto-tamponneuses »

Le public s’éclate, on se dandine par-ci, on se trémousse par-là, tout le monde affiche un large sourire. Ce sourire est un indicateur de soirée réussie. Pourtant la soirée ne touche pas encore à sa fin. Le grand DVS1 s’occupe du créneau le plus intéressant de la nuit : la fermeture de la boite. Ni une ni deux, Zak Khutoretsky entame son set sans même nous laisser reprendre le souffle que Recondite nous avait coupé. Bien que le club ait déjà commencé à se vider, les plus fous sont là. Ils ont de l’énergie à dépenser et la dépensent sans état d’âme en dansant à plus de 135 battements par minute. Depuis quelques heures déjà, les rayons du soleil percent les ruelles industrielles du port de Brest. Les festivaliers rentrent doucement se reposer avant de reprendre du service. La journée qui les attend mérite bien qu’on s’y soit préparé. Mention spéciale à Fred (notre chroniqueur) pour son « je me garde toujours 20 balles pour les auto-tamponneuses de Keroual ».

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Manège, auto-tamponneuses, scène chill, barquettes de frites… la liberté. À Astropolis, on retrouve l’esprit du Fusion Festival.

 

LE MANOIR:

Il est 21h50 lorsque nous mettons le moteur en marche. Il a fallu rentrer « Bois de Keroual » dans le GPS. Sur la route, on traverse des champs, des forêts, des villages tous plus charmants les uns que les autres. L’un de nous dit « ça m’fait penser à Laurent Garnier qui raconte dans Electrochoc comment on se rendait à une rave il y a 25 ans ». Avec ça en moins que Lolo n’avait pas d’iPhone pour s’orienter. Nous arrivons finalement à proximité du parking. On aperçoit des bus remplis à raz-bord de festivaliers, des groupes d’amis qui titubent déjà d’enthousiasme.

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Apéro, feux d’artifice et camionnettes : le premier cocktail gagnant d’Astro

Sur le parking, on se prépare. Les voitures s’arrêtent pendant que les gobelets se vident et les bières se décapsulent. On s’ambiance au son des autoradios et des feux d’artifices que certains ont eu la bonne idée d’apporter. Petit à petit, le parking se vide. Une trentaine de minutes de marche à travers la forêt nous sépare encore du Manoir. Sur le chemin, on double et on croise toute la faune d’Astro dans une atmosphère d’euphorie que seuls les pirates devaient connaître dès qu’ils traquaient un galion d’or ou de pierreries.

Une fois l’entrée franchie, c’est le festival, le vrai. Un parc immense, des stands en tout genre ici et là, de la musique à tu-tête. La Cour est impressionnante. C’est la scène que nous allons le plus fréquenter. Electric Rescue nous y présente l’un de ses très récents projets : Kolde en live. La techno qu’il y joue est bien plus pure et acérée que celle qu’on lui connait sur Skryptöm. Par moments, on a l’impression que le Manoir accueille des vaisseaux spatiaux émettant des signaux sonores en guise de communication. Le son modular balancé si fort dans le Funktion-One de la Cour sous un ciel étoilé : rien de plus simple pour s’évader vers d’autres galaxies.

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Voute céleste débridée sur La Cour. Le ciel prêt à nous tomber sur la tête

Robert Hood le suit avec un prestation originale dite hybride : il joue ses productions en les remixant en live. En fait, il joue un set qu’il accompagne de plusieurs boites à rythmes. Très cool, et très précis, c’est efficace ! Mais il est déjà l’heure de changer de scène et de découvrir ce qui se passe côté hardcore : sous le chapiteau de MEKANIIIIIIK! Et oui, même si Delighted est à priori plus techno qu’hardcore, on ne pouvait pas rater les mecs de Minimum Syndicat. Ils ne sont d’ailleurs pas si hardcore que ça ! Même s’il ne sert à rien de coller une étiquette à chacun, Minimum Syndicat c’est plutôt de la rave music. Des sonorités vraiment acid qui hypnotisent en deux temps trois mouvements et qui brouillent complètement les frontières entre les époques et les courants de la rave music.

MEKANIIIIIIK!

La dernière fois que j’avais entendu ce genre de son, c’était il y a un an dans un festival allemand où les mecs de Spiral Tribes jouaient. Terrible. D’autant plus que Mekanik vous assourdit de basses et vous aveugle de stroboscopes et autres lasers (photo à l’appui).

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À Astro, on sait ce que c’est qu’un strobo…

C’est le patron du Chapiteau qui prend la suite : Manu le Malin. Manu est chez lui ici, ça se sent. Même si l’on n’est pas un grand amateur d’hardcore, on ne peut rester insensible à ce charisme, à cette bonne humeur et à sa précision. Le Manoir de Keroual, c’est un peu comme une fête foraine avec des DJs. Il faut savoir laisser sa timetable de côté et sauter dans le cockpit d’une auto-tamponneuse 5 minutes. Tout le monde se prête au jeu, il n’y a que des éclats de rire, des flashs d’antenne sur le plafond grillagé, des cris à chaque secousse, le tout entre-coupé de « en voiture ! » lâché dans le micro de la vigie.

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« J’ai embrassé l’aube d’été… » Du Rimbaud à Astro

Pour finir, Marcel Fengler et Paul Woolford nous aident à quitter la nuit pour accueillir les premières lueurs du jour. Leurs sets sont superbes, juste ce qu’on peut rêver d’entendre sous un ciel étoilé, qui s’éclaircit peu à peu jusqu’à ne plus voir aucun autre astre que les grosses boules à facettes installées à dix mètres au dessus de la Cour. Alors qu’il commence sa prestation en retard à cause d’un problème technique, Lil Louis nous redonne une énorme claque. Ce qu’il nous joue, c’est du classique. Mais tellement bien amené, tellement bien balancé, super rythmique, ultra groovy, que je mets au défi quiconque présent dans la Cour à ce moment-là de me dire qu’il est resté statique entre sept heures et huit heures du matin. C’est comme s’il nous foutait un coup de pied aux fesses avant qu’on rentre chez nous, histoire qu’on comprenne qu’Astro est un festival unique, et que ça fait 21 ans que ça dure.

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Astro, merci mille fois. À l’année prochaine.

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Der Anwalt der Nacht



One Response to De retour d’Astro, la tête pleine d’étoiles

  1. Hello !
    j’ai tout lu et visionner …. merci pour cette rétrospective joliment écrite…. !
    on revisite Astropolis en souriant !
    Rave On !

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