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Published on juin 1st, 2013 | by Justine

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Jeff Mills – Time Tunnel #2

Vendredi, 17h30, tu as fait tes 39h de travail hebdomadaires. Tu quittes ton bureau, grimpes dans un metro où tu réalises que Paris est déjà vide, pour beaucoup le week end a déjà commencé. Tu rentres chez toi, passe 2-3 coups de fil pour donner une heure de rendez-vous que tu sais que tu ne tiendras pas. Tu quittes ton uniforme d’employée modèle pour une tenue plus légère. Parce que tu te prépares pour une soirée que tu as déjà vécu six mois auparavant, parce que tu sais que la nuit va être longue et chaude. Tu choisis minutieusement cette tenue tout en sachant qu’elle sera invisible dans l’obscurité de la salle et qu’elle en ressortira couverte de breuvages en tous genres et de sueurs non identifiées.

Il est l’heure d’oublier ta routine de la semaine et de démarrer ta seconde vie, celle du week end. Tu te lances dans un habituel before, Boiler Room en fond sonore, avec les mêmes potes, les mêmes alcools, la même excitation. Tu jettes un regard extérieur à la scène tu oses espérer que tout ça ne s’arrêtera jamais.

La chaleur diurne laisse place à l’exaltation nocturne.

Tu sais que cette soirée ne seras pas décevante. Au pire elle sera égale à la première, au mieux elle sera encore plus surprenante.

Time Tunnel #1 signait le début d’un hiver long et glacial. Time Tunnel #2 présage la fin du froid, peut-être le début d’un printemps qu’on attend déjà depuis des mois. Tu oses surplomber tes habits de lumière d’un pull seulement pour éviter l’enfer du vestiaire que tu subis en entrée et en sortie de boîte depuis six longs mois.
A peine dehors, tu t’en veux déjà. Mais tu sais que quand le son de la salle laissera place à un silence plombant, guidant le public vers la sortie, tu te remercieras.

1h du matin, tu arrives à la Machine du Moulin Rouge. L’entrée se fait rapidement et sans encombres. Tu passes devant le fumoir intérieur déjà plein, tu longes le bar assaillis, tu commences à apercevoir au loin une explosion de couleurs, où est la spirale ? Cette soirée sera donc différente de la première. Tu arrives en haut des marches du Central… qui déborde déjà de gens. Plus qu’à se frayer un chemin pour descendre au cœur de l’action et voir nettement ce qui se passe sur scène.

En face du bar se tient un stand où se vend un vinyl sur lequel tu peux lire l’inscription “Jeff Mills just imagine… limited edition for Time Tunnel at La Machine du Moulin Rouge”. Tu ne réfléchis pas longtemps avant de l’acheter. La vendeuse t’envoies immédiatement au vestiaire où une des personnes du staff t’attend pour récupérer ton vinyl et en prendre soin jusqu’à ton retour au petit matin.

 

Bali Dance Good Luck (1845)

Affaire bouclée, il est temps d’aller élucidé le mystère de ce qui se passe au Central. Ca ne danse pas beaucoup, les jambes sont figées et les yeux écarquillés fixent le fond de la salle, que se passe-t-il ? Tu approches, arrives à te faire une place, poses ton regard entre deux têtes, lèves tes yeux et découvres un spectacle encore jamais vu en nightclub : c’est le nouvel an chinois sur scène !
Sur la droite, hors du spectacle, la table de mix se tient perpendiculaire à la salle. Et, oh surprise, Jeff Mills dans sa combinaison blanche est accroupi derrière sa table, il observe d’un regard extérieur au spectacle qu’il a créé, il y assiste au même titre que son public.

The Planet Neptune – The Aquatic Ball (5005)

2h, fin du spectacle, deux scientifiques en blouse blanche s’imissent sur scène et font glisser la table de mix face à la salle. Jeff Mills l’accompagne. Derrière lui le décor disparait pour laisser place à la fameuse spirale. La salle s’assombrit, les basses explosent, Time Tunnel #2 est lancé.
Cette heure se déroulera en 5005, une année que tu ne connaîtras pas, ou du moins tu en connaîtras ce qui s’est passé entre 2 et 3h du matin cette nuit là.

Michael Jackson Review (1986)

3h, tu t’autorises une pause au fumoir extérieur. Le retour est tout aussi étrange que l’arrivée en début de soirée. De loin tu reconnais quelques notes de Wanna Be Startin’ Somethin’ même si tu n’oses pas y croire. Et plus tu t’approches, et plus tu comprends que tu ne t’es pas trompée. Tu retournes devant la scène. Jeff Mills ne laisse rien au hasard, tu sais que ce son présage une nouvelle surprise. Et encore une fois tu ne t’es pas trompée.

Une photo de Michael Jackson petit se noie dans la spirale. Puis la spirale s’écarte, Jeff et sa table disparaissent, et Michael Jackson en personne (enfin un sosie, mais à cette heure là le vrai ou le faux ça n’a pas d’importance, tu y crois quand même) s’installe sur scène. Black or White, Beat It, Thriller et même Heal The World, un medley des plus grands tubes du chanteur est servi sur un plateau avec un sosie qui a bien appris toutes les choré par coeur.

Hallucinée par ce que tu vois, dans un instant de lucidité tu jettes un oeil sur la foule qui ne se sauve pas en courant mais au contraire, joue le jeu. Ca chante, ça danse, un grand moment de fête et de communion parfaite.

The Lunar Surface (8991)

4h, retour aux choses sérieuses, la spirale revient, Jeff Mills aussi, et t’emmènes directement en 8991 avec une techno transcendante.

Dark Matter (7 millions avant J.C.)

Vers 5h30, ça sent la fin, tu épuises tes dernières forces sur des tracks tous plus fous les uns que les autres.
6h, Jeff Mills nous remercie, se pose au milieu de la foule pendant quelques minutes durant lesquelles sera tourné un plan pour un film qui se prépare (et qu’on a hâte de voir), le public hurle sa joie pour ne pas entendre le silence dans lequel la salle s’est plongée lorsque la musique s’est arrêtée. Tu en veux encore et tu n’es pas la seule, personne ne bouge, tout le monde rappelle l’artiste. Mais c’est bien fini, les lumières sont rallumées, tu passes rapidement au vestiaire récupérer ton vinyl que tu vas serrer contre toi jusqu’à ton lit. Tu passes les portes de la Machine, il fait jour, le soleil brille même, pas de nuages à l’horizon, Time Tunnel #2 aura bien signé le début de printemps au même titre que Time Tunnel #1 avait signé le début de l’hiver.

C’était une nuit de plus passée dans la Machine à voyager dans le temps.

Encore une fois, un grand merci à La Machine du Moulin Rouge, ses organisateurs attentionnés, son personnel souriant, et un grand merci à Jeff Mills pour cette nuit inoubliable.

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"Ma religion c'est la techno"



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