Electro delighted

Published on avril 25th, 2018 | by Mehdi

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Triple Dose : Daykoda, Vidiian, Locked Club, de l’abstract hip-hop milanais à l’acid techno US

CHRONIQUE – Cette semaine, non pas une chronique mais trois en une, peut être un peu plus concises mais toujours faites avec autant d’amour et de patience. A la carte, le mini LP de l’artiste Daykoda, sorti de la collaboration des Milanais Beat Machine Records et des Français Orikami Records, le violent Salvaged Systems de Vidiian chez Silva Electronics et enfin la première sortie vinyle du label de Nashville Tram Planet avec à la baguette Locked Club.

Sorti dans le mois du studio du jeune producteur milanais DayKoda, Lucid Dreams porte assez bien son nom car il semble très bien porter un projet aussi diffus que concret. On navigue cependant à vue, car rien ne se ressemble sinon l’omniprésence des cordes. On débute avec un Indian Ritual (intro) aussi léger que pesant, les tranquilles clochettes n’apaisant pas les voix dont l’on ne saurait définir l’intention, puis à la manière d’un Flying Lotus ou d’un Shigeto qu’ils citent lui même en temps qu’influences, on se retrouve dans cette indéfinissable chaos organisé qu’on reconnait au registre de ces artistes, fourmillant de détails, de voix – flottantes, de cordes – saccadées, de basses – savoureuses.

Et une bonne partie de l’album est à cette image, toujours tourné vers une nouvelle histoire. Ses sept titres, comme sept rêves lucides sont faits de ce ressort. Un titre tire son épingle du jeu, Dream Yoga avec la toute aussi milanaise HAN. On retrouve là par contre, en plus, des mouvements wavy-club music qui en font un des sons les plus pops, d’ailleurs proposé en remix à Groundislava.

Clins d’oeil explicites au Japon

Sur ce dernier, une voix caverneuse venant des entrailles d’un club sur fond d’une drum and bass délicate à souhait. On aime aussi Koto, qui par ses explicites clins d’œil au Japon aurait même pu se voir attribuer un « y » : la floraison des cerisiers est déjà passée, mais quelques fleurs subsistent, on marche en fermant les yeux, chaque moment de ce morceau est un caresse, même les râles de voix pitchés qui aurait pu sembler superficiels dans un autre morceau du genre.

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– Salvaged Systems : un coup de poing dans la gueule

 Changement de lieu, on traverse l’Atlantique le temps de ces deux autres chroniques. Tout d’abord le très efficace Salvaged Systems sorti le 26 mars à San Francisco dans l’écurie de Michael Claus, Silva Electronics.

C’est non sans peine que l’on tombe dans l’univers tonitruant de Vidiian, l’EP est un coup de poing dans la gueule. Quatre coups de sommation et on plie genou devant sa prestation. Le résultat est gras, puissant, les pieds – ceux de Mining Camp Survival – sont ceux du colosse de Rhodes. On pourrait alors aller très vite dans l’écueil d’entendre un jeune Perc, in extenso une sortie de Perc Trax, surdosé au DIY mais non. Le producteur est tantôt prêcheur d’une acid techno club-ready, tantôt le jeune prêtre d’une house vaporeuse est sublime (/am Spilff).

Enfin Virus Incubation nous prend de revers au sens propre et nous trompe tout du long dans un tourbillon de basses tout en stabs.

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– Lomay Lomay: un petit hit à jouer ou à entendre vers 3 heures du matin

Enfin troisième et dernière chronique, la première sortie vinyle du jeune label de Nashville : Tram Planet ! Encore une fois dans cette chronique, on se tient devant un EP aux multiples contours et inspirations. Le russe Locked Club nous a bel et bien enfermés dans ses réflexions labyrinthiques…

Lomay Lomay, très chouette morceau house-turbine nous capte dès les premiers sons de la voix. Il fait très chaud dans le club, le plafond goutte, la transpiration nous tombe sur la gueule, la basse saccadée nous retient de bout en bout. Tout ça n’étant que le fond, une sorte de mélodie indienne venant sonner à nos oreilles plusieurs fois, toujours accoudés à la voix qui nous prend – on se voit répéter en « chewing gum » les mots que l’on croit entendre. Un petit hit à jouer ou à entendre vers 3 heures du matin.

Passé cela, on arrive sur un moment plus technoïde de l’EP. Deux morceaux pris en tenaille entre Lomay Lomay et Acid Supremacy sonnent à côté. Sluchilos’ et Osaka Madness. Le premier lorgne du côté du sound design avec une sorte de mélodie angoissante, nous ramenant aux recoins les plus glaçants d’une maison de poupée ou d’un fête foraine (les clochettes en fond tout le long), mais avec cette sorte de kick / basse qui sans cesse rappelle que nous écoutons bien là un morceau club, tout à fait ici pour nous faire taper du pied. Le résultat est mystérieux, fascinant. On est épié dans notre danse, on nous observe et Locked Club nous le fait savoir.

Acid Supremacy sent bon la fumée qui sort des synthés, le grillé de la boîte à rythmes

Osaka Madness est tout de suite plus accessible mais encore, la sorte de flûte de pan nous ramène à ce moment de malaise, où deux visions s’affrontent dans le même morceau. Et c’est sûrement ça, un des tenants de cet EP, le mystère, on est clairement sur de la techno – très club, très dance – mais avec ce thème un peu comme ça, qui plane, au dessus de notre tête.

Enfin, le dernier morceau Acid Supremacy est un pur morceau qui sent bon la fumée qui sort des synthés, le grillé de la boîte à rythmes. Le morceau comme tout l’EP est ponctué de cris, mots, phrases, slogans en russes, sa terre de naissance. Le morceau est entêtant, très bien ficelé, on aimera plutôt se le faire en début de set ou de soirée juste avant d’arriver devant la scène.

à précommander ici ainsi qu’à écouter : BANDCAMP ! (encore)

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